Macron quitte le navire en plein naufrage

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La revue des éditos est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Natacha Polony nous présente les différents éditos qui font la Une de la presse.

C’est la métaphore maritime qui domine ce matin : "Emmanuel Macron quitte le paquebot à bord d’une vedette de Bercy, s’amuse Xavier Brouet dans le Républicain Lorrain. Mutin ou naufragé ? La suite le dira". Au moins, nous dit Yves Thréard dans le Figaro, "en sautant du Titanic, Macron est sorti de l’ambiguïté". "Faut-il que notre démocratie soit si malade, s’insurge de son côté Maud Vegnol dans l’Humanité, pour qu'un ministre de l'Économie, entré par effraction démocratique avec la complicité du chef de l'État, quitte le navire en plein naufrage pour assouvir ses ambitions personnelles ?".

Il y a ceux, bien sûr, qui se pâment. Les Échos, l’Opinion… Et le mot qui revient le plus souvent sous leur plume, c’est "fraicheur". Un mot très utilisé dans les milieux de la mode pour juger des qualités d’un mannequin. "A moins de quarante ans, s’enthousiasme Jean-Francis Pécresse dans les Échos, ce natif de la génération digitale, enfant de la famille européenne voit et pense l'économie comme aucun des concurrents auxquels il va s'affronter". Bref, il coche toutes les cases. "Si Emmanuel Macron n'avait plus sa place dans ce gouvernement de notaires de la politique, ajoute-t-il, c'est aussi qu'il a saisi comme aucun autre combien l'outil numérique est certes une chance de pouvoir d'achat mais surtout une opportunité de croissance".

Donc, si vous suivez bien, le programme, c’est vive Uber et Google. Il y en a d’autres qui sont plus difficiles à impressionner. "Voilà, c'est fait, il est libre, écrit Denis Daumin dans la Nouvelle République. Libre et en marche. Mais vers quoi court-il le petit Macron ? Sur le plateau du vingt-heures hier, l'enfant prodige devenu fils prodigue tergiversait, tournait en rond. Mozart avait perdu un peu de son inspiration. Le soliste connaît sa partition pourtant, il souhaite faire sonner sa singularité à l'écart de la triste fanfare du gouvernement et d'une caste politique usée jusqu'à la trame. Nous l'écoutions dévidant l'écheveau de ses arguments. Trop intello chez les technos, trop techno auprès du populo. Le doute point soudain, on cherche le souffle annoncé. Et si ce n'était qu'un courant d'air finalement".