Le mot du jour : pavlovien

  • A
  • A
La revue des éditos est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
Partagez sur :

Chaque matin, Natacha Polony nous présente les différents éditos qui font la Une de la presse.

Le mot du jour : pavlovien

Il est des domaines où la mesquinerie est plus qu’une faute de goût. "Que restera-t-il du passage de Najat Vallaud-Belkacem au ministère de l'Éducation ? lance Alain Dusart dans l’Est Républicain. Beaucoup de communications, des enseignants caressés dans le sens du poil ou une réforme des collèges pour le moins incompréhensible et contestée". Du coup, sa réaction aux révélations sur le niveau des petits Français en maths a visiblement scandalisé les commentateurs. "Par une sorte de réflexe pavlovien, Najat Vallaud-Belkacem accuse Fillon s’indigne Sébastien Lacroix dans l’Union. Elle qui ne sait pas ce qu’est une hypoténuse aurait gagné à faire profil bas car, si tous les gouvernements précédents sont coresponsables de cette déroute, elle n’a en rien redressé la barre". Mais au-delà du débat politicien, Olivier Auguste, dans l’Opinion, pointe le phénomène le plus inquiétant : "l'étude Timss confirme, pour les mathématiques, ce constat déjà fait dans d'autres disciplines : la classe moyenne disparaît de l'école française. Bien sûr, certains enfants auront toujours plus de chances que d’autres de s’en sortir, parce que leurs parents ont le bagage pour les aider, les réseaux pour contourner la carte scolaire, les moyens d’habiter près des bonnes écoles ou de leur offrir des cours particuliers. Les autres partiront dans la vie avec un boulet au pied". La faute aux réductions de postes ? "L'une des leçons du classement, souligne Sébastien Lacroix, c'est qu'il n'y a aucune corrélation entre les résultats des élèves et les moyens financiers investis. La droite se trompe en faisant des économies, et la gauche se trompe en faisant des réformes pédagogiques ahurissantes". D’autant que, comme le rappelle Olivier Auguste, l’Éducation Nationale compte un agent administratif pour quatre enseignants mais personne en répond quand un prof appelle son inspection". La réponse est à chercher du côté des méthodes, de la valorisation des enseignants, de leur formation. Bref, regarder en face le désastre plutôt que de jouer les roquets de Pavlov.

Les chroniques des jours précédents
Voir toutes les chroniques