Le mot du jour : obsolète

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La revue des éditos est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Chaque matin, Natacha Polony nous présente les différents éditos qui font la Une de la presse.

Le mot du jour : obsolète

Faut-il incriminer la décision de justice qui, en démentant le rapporteur public, autorise les travaux à Notre-Dame-des-Landes, ou les incuries du pouvoir ? Nombre d’éditorialistes choisissent la seconde option. Comme l’écrit Yves Harté dans Sud Ouest, "il n’est pas impossible que dans les multiples rouages qui se mettent en branle à l’intérieur du cerveau élyséen dès lors qu’il s’agit d’échafauder des plans tarabiscotés, François Hollande n’ait secrètement souhaité une décision inverse. Elle lui aurait permis de déclarer, sur le ton le plus cérémonieux, que, quelle que soit son opinion, il se devait de respecter la loi". Sauf que, justement, il ne pourra pas se défausser. "Mais, nouvel aéroport ou pas, déplore Christophe Bonnefoy dans le Journal de la Haute Marne, ce dossier aura valeur d’exemple. De mauvais exemple. Les écologistes auront été inexistants. Pire, le dossier a montré leur propension à renier leurs valeurs. Plus largement, Notre-Dame-des-Landes aura énormément coûté, au sens propre comme au sens figuré. Financièrement évidemment, mais aussi en terme de crédibilité". Naufrage pour François Hollande, naufrage pour les écologistes, naufrage aussi pour Manuel Valls, désormais obligé d’assumer ses positions. "De victoire, dans ce dossier, il n’y en aura plus, tranche Didier Rose dans les Dernières Nouvelles d’Alsace. Le rapporteur public de la cour a validé les arguments des opposants voyant dans cet aéroport la coûteuse danseuse d’élus et une jolie rente pour les investisseurs. Son avis n’a pas été suivi en droit, mais il ne sera plus possible de prétendre que les anti-Notre Dame ne sont que des illuminés rétrogrades vêtus de peaux de chèvres. C’est plutôt l’édifice administratif et économique bâti sur mesure autour de cette plate-forme qui se révèle obsolète. Le projet parle du passé. On évacue, on bétonne, on rembourse pendant des décennies. Comme si la France pouvait encore se permettre de tels caprices aux dépens de ses espaces, pour le malheur de ses espèces". Obsolète ? Suicidaire même.