Le mot du jour : endurance

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La revue des éditos est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Chaque matin, Natacha Polony nous présente les différents éditos qui font la Une de la presse.

Le mot du jour : endurance

"Juppé/Sarko, ça roulait tout seul, jusqu’ici, nous raconte Denis Daumin dans la Nouvelle République. Réglages parfaits en tête, régime soutenu mais régulier, rassurante réserve de puissance, freins tout juste effleurés. À chaque passage, la grosse cylindrée Juppé confortait son avance et arrondissait ses chronos. La course serait une promenade de santé. Derrière, le bolide Sarko, de plus en plus bruyant à l’échappement, s’épuisait". Vous voyez où veut en venir l’éditorialiste avec sa métaphore filée. Il y a un amateur de course automobile qu’on voit revenir dans le rétroviseur. Celui qui a qualifié la présidentielle de "course d’endurance". François Fillon pourrait bénéficier de l’effet Trump. "Que se passerait-il si ?" se demande Yolande Baldeweck dans l’Alsace. Si les sondages se trompaient. Si les électeurs ne se déplaçaient pas. S’ils se déplaçaient… Évidemment, l’effet Trump, c’est aussi de pousser au discours anti-système des candidats qui, comme le rappelle Bernard Stephan dans la Montagne, sont tous des purs produits du système. "Mais cet os à ronger est dans la lignée des hochets qui ont fait florès durant cette campagne, qu’il s’agisse de l’âge du doyen des prétendants, du prix des pains au chocolat, des parts de frites à la cantine et de la référence à la vendeuse de Prisunic dont l’enseigne a disparu en 1997 !". Dans Sud Ouest, Bruno Dive se prête à rêver : "Nous n’en sommes pas encore là, mais un second tour Juppé-Fillon prendrait une autre tournure que le duel annoncé. Nous aurions droit à un débat, sans doute moins spectaculaire, mais néanmoins intéressant. Vaut-il mieux proposer quatre ou cinq grandes réformes et s’y tenir, comme le propose Alain Juppé ? Ou faut-il un projet radical mais cohérent, quitte à prendre de front des pans entiers de la population, comme le défend François Fillon ?". Bref, on parlerait du fond. On sent comme un vertige des commentateurs.