Shimon Peres : guerres et paix

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La presse quotidienne revient ce jeudi sur le décès de Shimon Peres qui a ému le monde entier.

Ce matin en Une de vos journaux, il y a les hommages :
Libération affiches et visage de Shimon Peres : guerres et paix.
Mais l’Humanité le rappelle : Depuis Oslo, la paix toujours remise à plus tard.

Et puis on parle finances :
Le Monde : Vifs débats sur un budget 2017 de campagne.
Le Figaro : 2017 : les critiques pleuvent sur un budget insincère.
Les Échos résument : Impôts, dépenses, déficit : l’héritage de Hollande.
Et 20 Minutes ajoutent une ligne à la colonne passif : Hollande : les jeunes à dos ? le taux de chômage des 15-24 ans, c’est 23,7%.

Budget

Il n’y a pas que le Figaro, les Échos ou l’Opinion pour trouver que ce budget 2017 se moque du monde. L’éditorial du Monde regrette les petites manipulations, les prévisions de croissance irréalistes et surtout l’absence totale de réel débat fiscal. Le journal suggère de compenser l’effort en matière de défense et d’éducation en réduisant les aides inefficaces comme celles au logement, de s’interroger sur l’équité générationnelle et le coût des retraites, d’augmenter la TVA pour réduire les charges sur les salaires et favoriser l’emploi. La fameuse TVA sociale. Mais on en est loin. Le projet qui sort du chapeau est dans Le Parisien : le gouvernement prêt à taxer les hauts salaires et les CDD. Un marqueur de gauche en forme d’opération séduction. Ajouté aux regards langoureux lancés à Christiane Taubira, que nous montre Le Figaro, cela sent les grandes manœuvres électorales.

Guerre économique

Le Figaro nous présente un livre du journaliste et chercheur, Ali Laïdi : Histoire mondiale de la guerre économique. Un utile rappel pour tous ceux qui croient à la fable du doux commerce qui apaiserait les relations entre les peuples. On voit les Italiens profiter des croisades pour évincer les marchands arabes de la route de la soie, les Anglais voler le secret du thé aux Chinois avant de les contraindre à coups de canon à consommer de l’opium, ou Bismarck déclarant : "nous avons fait le Sedan militaire, il nous reste à faire le Sedan commercial". L’auteur analyse l’impérialisme du libre-échange, l’instrumentalisation du droit comme une arme qu’on utilise selon ses intérêts. Dans cette guerre là, les naïfs sont les perdants.

Conquête de l’espace

C’est le nouvel horizon de la concurrence que se livrent les hommes : Mars. Les pages sciences du Figaro nous détaillent le projet SpaceX du milliardaire américain Elon Musk pour lancer la colonisation permanente de la planète rouge. Avec un modèle de lanceur trois fois plus lourd que la plus grosse fusée jamais envoyée dans l’espace, capable de véhiculer une centaine de passagers et leur ravitaillement. Pour l’instant, les experts doutent du projet et surtout de son calendrier. Mais qui sait ?

Les plaisirs de la terre

On est beaucoup mieux sur terre, surtout quand sur cette terre pousse de la vigne. La revue 180° lance sa petite sœur, 12°5, un jajazine, bref, un magazine qui parle de jaja. On y retrouve la beauté des photos qui font de 180° une merveille, des reportages auprès des producteurs, des recettes qui marient plats et vins, crépinettes de foies de volaille et Côte du Rhône, bœuf en gelée au persil et Bourgueil et bien sûr, vin liquoreux du Valais suisse et assortiment de bleu de Termignon, bleu de Sassenage, et bleu des Causses. Un article aussi s’insurge contre ces sommeliers qui éprouvent toujours le besoin de s’adresser à Monsieur et d’ignorer Madame. Mais il faut lire surtout l’éloge aux chansons bachiques qui nous raconte que l’histoire de la République est intimement liée avec celle du partage autour de la table. "Quand l’estomac est bien lesté, l’esprit est beaucoup mieux monté, et dans les affaires majeures ses opinions sont les meilleures". Graveleuse, drôle, libre penseuse, la chanson à boire, c’est un peu d’histoire de France menacée par les ligues de vertu.


C’est un panneau de signalisation qui retient l’attention du Parisien après celle de Sud-Ouest. Le classique triangle montrant une voiture en plein dérapage, sauf que juste en-dessous, la cause de la glissade c’est : jus de raisin. Non pas parce qu’à cet endroit du Lot et Garonne on abuserait de la boisson mais parce qu’en période de vendanges, du moût peut se répandre sur la chaussée. Un panneau fantaisiste mais parfaitement homologué, comme celui signalant des traversées de Pokémon dans les Landes ou le Calvados pour inviter les conducteurs  à se méfier des dresseurs de monstres obnubilés par leur smartphone. Et si vous passez quai de Bercy, vous verrez le même triangle avec : attention, budget de campagne. Ça glisse plus.