Régionales : l’entre deux tours de tous les dangers

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient ce matin sur le débat qui s'affole à l'approche des élections régionales.

Ce matin en Une de vos journaux les régionales approchent et l’on s’affole un peu :
L’Opinion : L’entre deux tours de tous les dangers.
Aujourd’hui en France, avec une Marine le Pen un peu raide : élections régionales : Déterminée mais approximative.
Le Monde : le FN révise son discours économique pour séduire la droite.

Pour ce qui est de l’économie, elle ne réussit pas à tout le monde :
Les Echos : croissance : l’Europe tient le cap de la reprise.
Le Figaro : croissance, chômage, déficit : Bruxelles douche l’optimisme de Hollande.

Et puis Libération met en Une cette photo d’un bout de carlingue au milieu du désert : crash en Egypte, l’Etat Islamique dans le viseur.


René Girard

C’est un moment de grâce que de voir tous les grands quotidiens consacrer plusieurs pages à un penseur exigeant et complexe. René Girard est partout ce matin, dans Le Monde, dans Libération ou Le Figaro. Pas seulement sous la forme classique d’une nécrologie convenue.
Le Figaro, par exemple, fait intervenir des philosophes contemporains. Mais pour ceux qui veulent se plonger encore plus avant dans l’œuvre de l’académicien,
Philosophie Magazine republie un magnifique hors-série de Novembre 2011 qui lui était entièrement consacré. En ces temps de réflexion sur le harcèlement scolaire et la violence gratuite, en ces temps de sidération face à la barbarie de l’Etat Islamique, c’est une lecture salutaire.

Laïcité

C’est la Une de Marianne cette semaine : la chasse aux laïcs. Ou comment de l’extrême droite à l’extrême gauche, certains n’ont d’autre urgence que de dénoncer les laïcards. Guy Konopnicki s’amuse d’ailleurs de voir Edwy Plenel, patron de Médiapart, reprendre ce terme injurieux sorti de la plume de Charles Maurras,  l’écrivain nationaliste et monarchiste, père de l’Action Française. Il démonte l’argument selon lequel la laïcité ne serait que le Cheval de Troie de la banalisation du racisme par nos élites, leitmotiv plénélien : qu’importe les têtes coupées, ironise-t-il, puisque chacun est le barbare de l’autre.
Et puis il y a le journaliste Claude Askolovitch qui estime que la laïcité relève de l’archaïsme français refusant de reconnaître la diversité de la France contemporaine. Pendant ce temps, le Front National se pare des plumes du paon laïc pour mieux exalter les racines chrétiennes qu’il défendait en 2004 en refusant l’interdiction de signes religieux à l’école. C’est toute la différence, explique le philosophe Henry Pena Ruiz entre une pensée anti-universaliste fondée sur la théorie d’un choc des cultures qui ferait de la laïcité une idéologie purement occidentale et l’universalisme de la République française concevant la laïcité comme un principe permettant l’émancipation de tous. Le 11 janvier, c’était il y a 10 mois, et c’est très loin.

Ministère du Travail

Les journaux bien sûr se délectent du spectacle d’une ministre mise en difficulté. "Comme une petite communiante, s’amuse Jean-Michel Servant, dans Le Midi Libre, Myriam El Khomri est donc tombée dans le panneau tendu par ce vieux renard de Bourdin".
Dans L’Opinion, bien sûr, Nicolas Beytout en profite pour dénoncer avec force lyrisme la déconnexion entre les politiques et l’entreprise.
Mais le plus intéressant est ailleurs. Dans la double page que Le Figaro consacre au chantier de la COP21 confié à une boîte d’événementiel, GL Events, notamment prestataire pour Bygmalion ou pour le parti socialiste lors de ses universités d’été. Eh bien, GL Events emploie sur ce chantier 250 travailleurs détachés. Certes, 8% seulement des effectifs, mais visiblement, quand un ouvrier slovaque raconte gagner 70 euros pour 10 à 12 heures de travail par jour, cela ressemble à de la fraude, et cela nous raconte la concurrence déloyale qui détruit les entreprises françaises. La ministre du Travail est-elle au point sur ces questions ? A défaut d’agir, au moins savoir.

Gros muscles

On en connaît tous, des types qui défient leur paire de baskets et qui refusent un dîner entre amis parce qu’ils doivent se lever tôt le lendemain pour aller courir.
Le magazine M nous parle de cette nouvelle façon de faire du sport, entre dépassement de soi et pénitence dans les salles de sport, ce sont des phrases comme : je n’aime pas cette coach, elle est beaucoup trop gentille, la prof habituelle nous fait aller plus loin. Sur les réseaux sociaux, ce sont ces gens qui partagent les photos de leur corps sculpté. Une victoriabécamisation de la société, analyse une spécialiste des tendances. Il faut montrer qu’on est sous contrôle, c’est une manière de dire, regardez-moi, je suis un survivor. Une philosophe ajoute : "après la Seconde Guerre Mondiale, les grandes idéologies qui structuraient la société ont connu un net recul. Au lieu de se référer au collectif, on a commencé à se référer à l’individu. Lorsqu’on s’affranchit des au-delà que promettaient le christianisme ou le communisme, on n’a plus d’autre choix que d’investir l’ici et le maintenant de la vie terrestre. Si on ajoute l’allongement de l’espérance de vie, on obtient naturellement une obsession pour la santé. Le corps devient un capital dans lequel il faut investir massivement. Mais si l’on devient responsable de sa santé, cela induit une forte connotation morale et de nouvelles culpabilités". Même dans les salles de sport, René Girard n’est pas loin.

Acupuncture

C’est aussi dans le magazine M qu’on trouve ce portrait d’une acupunctrice parisienne qui, une fois par mois, part pour le Kurdistan irakien. Dans ces lieux où manquent les médecins, les médicaments et le matériel médical, elle propose gratuitement ses soins pour soulager la douleur des corps martyrisés par les bombes et les incendies. L’envie de se sentir utile pour contrer la violence.

Virgule

Le journal 20 minutes nous raconte l’histoire d’une vieille dame autrichienne. A son décès, on a trouvé dans son appartement plus d’un million d’euros en coupures de 100 ou de 500 euros. Sauf que la vieille dame, visiblement en froid avec ses héritiers, avait méticuleusement découpé tous les billets. Elle avait aussi détruit ses livrets d’épargne. Dommage, la Banque Nationale autrichienne a annoncé qu’elle allait remplacer les billets. Alors qu’elle les aurait distribués autour d’elle, il n’y aurait rien eu à faire. L’amour et la générosité sont plus forts que la vengeance et la haine.