Et si la primaire tournait à la guerre ?

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient ce lundi sur la bataille que se livrent les différents candidats à la primaire de la droite et du centre.

Ce matin en Une de vos journaux c’est le début des grandes manœuvres :
Le Figaro : Juppé-Sarkozy : la bataille de la primaire est lancée.
L’Opinion : comment les primaires chamboulent la vie politique.
Libération : la droite, ça fait pas rêver.

Et puis, la rentrée approche, alors on communique :
Aujourd’hui en France : Éducation nationale : la ministre défend son bilan.

Primaire à droite

On savait qu’on y échapperait pas, mais ça démarre brutalement. Deux sondages d’un coup. Libération et le Figaro. Et même trois sondages pour le Figaro qui teste une primaire à participation forte, moyenne ou faible. Sans surprise, plus la participation est forte plus ça profite à Alain Juppé. Dans Libération, c’est un sondage pour nous dire que seul un tiers des Français estime que la droite, le Front National ou l’extrême gauche, feraient mieux que le gouvernement en matière économique et sociale. Sur le terrorisme, c’est le FN qui s’en sort le mieux avec 37 % qui croient à sa capacité. Mais surtout, on s’aperçoit que les sympathisants de droite attendent leurs candidats sur les questions économiques. Même si la laïcité reste la valeur la plus plébiscitée. Est-ce la raison pour laquelle le réveil de François Fillon bouscule le paysage ? Dans le Monde, il évoque à la fois l’inculpation des candidats au départ en Syrie pour intelligence avec l’ennemi et la nécessité de se concentrer sur les questions économiques. Mais en fait, non. Ce qui intéresse la presse, ce sont ses attaques au vitriol contre Nicolas Sarkozy. Il est bien parti, le débat.

Burkini

On n’en peut plus. Mais il y a tout de même deux textes à lire ce matin qui posent le problème de façon un peu plus intelligente. Autour du rôle du conseil d’État dans le Monde, avec une tribune d’un professeur de droit, Serge Sur qui s’interroge sur sa neutralité. Il rappelle que l’un des trois juges chargés de statuer avait signé un rapport, en  2013, dans lequel il rejetait l'intégration, remplacée par une " société inclusive " et dénonçait " la célébration du passé révolu d'une France chevrotante et confite dans des traditions imaginaires ". "La laïcité est-elle au nombre de ces traditions imaginaires ? Au Coran et à son affirmation de l'infériorité des femmes, on peut préférer la Constitution de 1946 et l'égalité des sexes – un passé révolu ?". Et dans le Figaro, c’est un texte de la philosophe Bérénice Levet qui explique le rapport très particulier de la France aux signes d’appartenance communautaire. "Pourquoi exigeons-nous leur invisibilité ? L’individu doit être libéré de lui-même, de l’étroitesse de son moi, afin d’être libre pour quelque chose de plus vaste que lui, à savoir la Nation. La neutralisation des particularités a pour contrepartie la participation à une histoire, à une mémoire collective". C’est cette spécificité des mœurs françaises qui disparait au profit d’une conception anglo-saxonne des communautés.

Rigueur administrative

Les Français ont d’autres soucis que le burkini. Notamment le recul des services publics. Aujourd’hui en France nous raconte comment la rationalisation des services de santé oblige les habitants de Brioude dans le Cantal à désormais se faire soigner à l’hôpital du Puy en Velay à l’autre bout de leur département de la Haute-Loire plutôt qu’à celui de Clermont-Ferrand, beaucoup plus accessible par l’autoroute A75 mais situé dans le Puy de Dôme. Cela s’appelle les parcours de soins et les GHT, groupement hospitalier de territoires et c’est une question d’économie. Comme quoi, ça vaut le coup de s’intéresser à ces sujets.

Promenade dans la ville

Les urbains ont plus de chance, ils peuvent déambuler. Mais la liberté de circulation, nous dit le magazine Stylist, c’est une illusion. Tous nos déplacements sont le fruit d’une suggestion pensée par des urbanistes et des marchands. Exactement comme à l’aéroport, où l’on vous guide avant votre départ dans de belles galeries lumineuses remplies de boutiques tandis qu’à la sortie, vous passez par une porte vitrée sans âme. L’aéroport vous recrache sans ménagement car vous n’êtes plus une cible potentielle. A contrario, un centre commercial du Royaume Uni travaille à éviter les populations indésirables. Par exemple, les groupes d’adolescents dont une lumière rose fait ressortir les boutons, histoire de les renvoyer chez eux avec leur complexe. Et que penser de la réfection de la place de la République qui en fait un espace dédié aux rassemblements. Une façon d’éviter le désordre par des manifestations localisées. Le contrôle est plus efficace avec l’illusion de la liberté.


C’est aussi Stylist qui nous raconte le drame de James et Theresa Arnold, habitants de Wichita dans le Kansas. Tous les agents recherchant un enfant fugueur, une personne disparue, des preuves d’une fraude informatique défilent chez eux. La société Maxmind qui aide à localiser les ordinateurs par l’adresse IP, quand elle ne parvient pas à trouver un appareil, renvoie automatiquement l’usager au point central des États-Unis : la maison des Arnold. Ça marche à peu près aussi bien que certains commentateurs politiques pour détecter les débats de fond. Ils renvoient automatiquement vers les petites phrases.