Chômage et impôts : les grands records français

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient ce vendredi sur les grand records français en matière de chômage et d'impôts.

Ce matin en Une de vos journaux, il est question de nos particularismes :
Les Echos : Impôts, chômage : deux records français.
Le Figaro : Impôts, chômage : La France bat tous les records.
L’Opinion : chômage : un scandale français.
Le Monde : Le Front National renforce son emprise dans toutes les régions.
Le Parisien lance un appel : Votez, c’est urgent.
Marianne s’interroge sur cette révolution censée nous révéler des gisements d’emplois par la magie d’une grande libéralisation : Emplois cassés, revenus bradés, classes moyennes sacrifiées : révolution numérique, la grande arnaque.

Déchéance de nationalité

C’est le mot du jour : Déchéance.
Celui qui affole la gauche. D’où le titre de Libération : Binationaux : déchus par Hollande.
Dans Le Figaro, Etienne de Montéty nous rappelle que ce mot vient du latin decadere, tomber. La déchéance, sœur d’infortune de la décadence, celle d’une France qui n’intègre plus et n’a plus comme choix que de déchoir ceux qui l’ont déçue.
Mais dans Sud-Ouest, où Bruno Dives le souligne : "La seule question qui vaille devrait être celle de l’efficacité. Or, il n’est pas certain que la déchéance de nationalité soit une mesure dissuasive ou punitive pour les terroristes islamistes".
Libération, de son côté, en appelle aux principes, notamment celui de l’égalité de tous les citoyens. Mais pendant que l’on débat sur les principes et les symboles, l’État Islamique poursuit son œuvre.

Djihadisme

Une fois de plus, on trouve partout dans la presse des enquêtes et des témoignages sur ces jeunes qui partent en Syrie. On nous décrit les filières dans Marianne ou dans Le Figaro. On nous décrit l’angoisse des familles, leur impuissance dans Le Parisien Magazine. Mais l’article le plus édifiant ce matin est dans Le Parisien : les couveuses de Daech. Ava Djamshidi nous raconte comment l’État Islamique organise une véritable planification démographique qui pourrait évoquer le lebensborn des nazis. Les jeunes femmes, notamment européennes, sont sélectionnées, incitées à se marier et avoir des enfants qui seront des futurs soldats du Khalifat. Ces enfants sont pris en charge par des structures spécialisées, des écoles coraniques mais aussi des sortes de centres de loisirs où l’acte de tuer et la haine de l’Occident leur sont inculqués dès le plus jeune âge. L’État Islamique a cette supériorité sur les sociétés démocratiques qu’il sait encore quelle est la puissance du long terme.

Mali

Le Parisien Magazine nous rappelle que la haine a frappé aussi à Bamako, et le journal consacre un article à ces musiciens maliens, de Salif Keïta à Inna Modja qui résistent en perpétuant ce qui fait la force du Mali : le mariage des influences, la diversité des langues et des sons et la puissance du partage.

Puissance de l’industrie

C’est un papier particulièrement violent sur la COP21 que signe Fabrice Nicolino dans Le Monde. Le journalise de Charlie Hebdo, spécialisé dans les questions environnementales l’affirme : Cette funeste conférence climatique ne changera rien. Il dénonce l’emprise des industries et des entreprises les plus polluantes, la complaisance des négociateurs et l’oubli de cette vérité : lutter contre le dérèglement climatique impose de revoir pour de vrai notre absurde appétit de biens matériels. Il énumère toutes ces multinationales qui sont en lien avec les inventeurs-mêmes de la Conférence sur le changement climatique : "N’est-il pas pleinement absurde de croire qu’on peut avancer en confiant la direction à ceux-là même qui nous ont conduits au gouffre" ?

Comme en écho, la revue Books publie un article de l’écrivain américain Jonathan Franzen publié dans le New Yorker. Il accuse la lutte contre le réchauffement climatique de nuire paradoxalement à la protection de l’environnement en détruisant les paysages à coups d’éoliennes, de fermes solaires et de champs de bio-carburant plutôt que de favoriser la défense de la biodiversité, la préservation des paysages et des modes de vie.

Lobby du sucre

Et tant qu’on parle de la puissance des lobbies, la revue Books consacre sa Une aux 50 ans d’intoxication organisés par le lobby du sucre. Le journal nous raconte comment depuis les années 40 les industriels ont acheté des scientifiques, noyautés l’administration et l’OMS pour nier les effets nocifs d’un excès de glucides et promouvoir l’idée fausse que ce sont les graisses qui seraient à bannir de notre alimentation. Un fonctionnement qui rappelle les méthodes de l’industrie du tabac et qui ont permis à la nourriture globalisée de se répandre dans le monde en jouant sur l’attrait immédiat de ce goût sucré délicieusement infantilisant. Et pendant ce temps, l’obésité progresse inexorablement.

Voilà qui devrait porter un coup au mythe de l’encyclopédie participative et de sa supériorité sur le savoir imposé verticalement à coups de livres ou de traités universitaires. Wikipédia est certes formidable pour se remettre à niveau en quelques clics, mais l’exactitude n’est pas garantie. Le journal 20 minutes nous raconte comment un Australien fan du groupe Peking Duk a eu l’idée d’introduire sur la page Wikipédia du groupe un faux lien de parenté avec lui pour obtenir l’autorisation par les vigiles de s’introduire dans les coulisses. Finalement, Wikipedia se manipule aussi facilement qu’un rapport de l’OMS sur le danger des graisses dans le beurre ou la viande ou sur l’innocuité du sucre, du Roundup et des pesticides que l’on continue à répandre un peu partout. C’est dire s’il faut s’en méfier…