Alain Decaux : la voix de l'Histoire

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La presse quotidienne revient ce lundi sur la disparition de l'historien Alain Decaux.

Cette chronique a été réalisée par Samuel Etienne.

Pour commencer, deux mauvaises nouvelles :

D’abord, c’est férié aujourd’hui ! Bonne nouvelle pour tous ceux qui font la grasse matinée ce matin, moins bonne pour celui qui doit lire les journaux puisque manquent notamment à l’appel Libération, La Croix, Les Echos, L’Humanité, ou encore L’Opinion !

LA voix, "la voix de l’Histoire", comme l’ont baptisé ce matin notamment Le Telegramme, La Dépêche du midi ou L'Indépendant. C’est Alain Decaux bien sûr, les journaux d’Europe 1 sont revenus ce matin sur la vie, l’œuvre du prolixe académicien, parti hier à 90 ans. Une voix donc, rappellent également les journaux. Un conteur d’Histoire, avec un grand "H", et sans "s", même si Decaux aimait aussi raconter la petite histoire dans la grande.

Pour L’Alsace, il était celui qui avait "fait aimer l’Histoire aux Français", à son tour maintenant d’entrer dans l’Histoire. Le Parisien s’interroge : et lui, comment aurait-il raconté sa propre mort ? Le Parisien où Franck Ferrand lui rend hommage : il était un "modèle", un "repère", il a "changé sa vie". Il lui avait posé cette question un jour : "quand commençait l’Histoire ?" Sa réponse, magnifique : "Il y a 5 minutes". Franck Ferrand rendra hommage à Alain Decaux, à 14 heures  sur Europe 1, dans son émission Au cœur de l’histoire.

Et puis Le Figaro se souvient aussi se son émission Alain Decaux raconte, qui deviendra Alain Decaux face à l’Histoire. Quand il passionnait la France, seul pendant une heure face à la caméra. Et là, nous nous adressons à toi, toi le jeune téléspectateur fan de Touche pas à mon Poste de Cyril Hanouna, où il doit se passer un truc toutes les deux secondes et demi sinon tu vas t’ennuyer. A une époque, tes parents ou tes grands parents écoutaient un homme parler d’Histoire, tout seul, pendant une heure ! Autre temps, autres mœurs...

Autres temps, autres mœurs également en matière de vidéo-surveillance !

C’est la Une du Parisien-Aujourd'hui en France ce matin : Et maintenant les caméras vous interpellent. Ces dernières années, les caméras de vidéo-surveillance se sont multipliées dans nos villes. 75% des villes moyennes en seraient équipées, indique le journal, pour lutter contre la criminalité, la délinquance, les incivilités. Nouvelle étape : cela se passe à Mandelieu-La-Napoule, sur la Côte d’Azur : la caméra qui parle, qui vous interpelle !

Imaginez, vous sortez votre chien, il dépose sa commission sur le trottoir, boum, une voix sortie de nulle part vous intime de ramasser l’odorant colis ! Pareil, si vous vous garez sur une place handicapée, une voix va venir vous gronder, très fort, devant tout le monde, les passants, les commerçants du coin : la honte ! C’est bien sur ce registre, de la honte, qu’on entend jouer puisque le premier adjoint au maire, Sébastien Leroy, y voit un rappel  à l’ordre qui fonctionne "comme une fessée pour les enfants".

Que vaut ce dispositif ? Interrogé par Le Parisien, le sociologue Laurent Mucchielli est sceptique : il voit mal comment on pourrait mettre suffisamment d’agents devant des écrans pour surveiller ce qui se passe en direct dans tous les coins d’une ville. Pour lui on est davantage dans le registre du symbole et de la politique. Quant au Parisien, en cette période de restrictions budgétaires le journal se demande si la ville de Mandelieu n’avait pas d’autres investissements plus urgents à faire.

 La presse revient également ce matin sur la perte de la ville syrienne de Palmyre par Daech.

Pour s’en féliciter bien sûr, Comme Ouest-France, dont c’est le plus gros titre ce matin : Palmyre arrachée des griffes de Daech. S’en féliciter, et s’interroger pourtant aussi : "Merci qui ?" se demande L’Alsace. "Merci Bachar" répond l’Union de Reims, Méfions-nous, écrit Carole Bouillé, de cet "enthousiasme quasi unanime". Certes c’est une victoire d’une puissance symbolique forte, certes Daech essuie un nouveau revers, certes, six jours après les attentats de Bruxelles, l’Europe ne boude pas son plaisir, mais faut-il pour autant applaudir des deux mains cette victoire des hommes de Bachar Al-Assad soutenus par les troupes russes ? Une opération qui permet au tyran syrien de revenir sur le devant de la scène.

Pendant que la guerre continue de déchirer la Syrie et l’Irak, la France restreint ses visas aux Chrétiens d’Orient.

C’est Le Figaro qui accuse ce matin ! Qui accuse Paris d’avoir drastiquement diminué le nombre de visas accordés aux familles appartenant aux minorités religieuses irakiennes, chrétiennes, yazidies également. Une chute de 72% entre 2014 et début 2016, d’où l’appel des Évêques de France, il y a quelques jours, pour que les "autorités françaises ne relâchent pas leurs efforts pour aider les minorités vulnérables". Interrogé par Le Figaro, le ministère de l’Intérieur répond qu’il est conscient de cette situation, et qu’il travaille avec le ministère des Affaires étrangères pour trouver des solutions. A suivre donc.


Une belle histoire pour finir :

Rapportée par le Huffington Post. Cela se passe au Kenya, où une jeune femme, Severline Gat, rêve d’aller en Chine, mais n’en a hélas pas les moyens. Alors elle voyage en rêve, grâce à Photoshop, elle poste sur internet des photos d’elle devant un avion, sur la Muraille de Chine, plein de photos de son voyage imaginaire qui ont un peu fait rire les internautes, car le montage est un peu grossier, allez, on va le dire, même complètement raté, c’est nul en fait : les photos ont été vues plusieurs milliers de fois, souvent moquées, et même détournées. On a ainsi pu voir la jeune femme faisant du parachute, à la cérémonie des Oscars, devant le Taj Mahal, avec le couple Obama, sous la Tour Eiffel, même dans l’espace !

Mais une belle histoire je vous le disais car un homme d’affaires de Nairobi a été touchée par cette histoire et a proposé à la jeune femme de lui offrir son voyage pour la Chine ! Il est persuadé que l’histoire touchera à son tour les médias chinois, qui parleront ainsi du Kenya, notamment comme une nouvelle destination pour les touristes chinois ! L’histoire fait le tour d’internet en ce moment notamment sur Twitter avec ce hashtag : #WhereIsSeveGatsNow. La photo est publiée sur le compte Twitter de Samuel Etienne avec le hashtag #E1matin