Ça vaut le détour - Scarlette Le Corre, pêcheuse d’algues

SAISON 2016 - 2017
  • A
  • A
Partagez sur :

Chaque jour, pendant l'été, Europe 1 vous fait découvrir un endroit caché sur la route de vos vacances.

L'atelier de Scarlette Le Corre au Guilvinec, dans le Sud Finistère

Elle est exceptionnelle : c’est la seule femme patron-pêcheur du Guilvinec, ce port du Finistère, dans le pays bigouden précisément. Dans ses filets, des poissons, bien sûr, mais aussi des algues. Elle est "algocultrice" : elle cultive, récolte et transforme des algues alimentaires.

4h30. Debout de journée pour Scarlette Le Corre, 40 ans de pêche au compteur. Elle embarque à bord de son "canote" de 7 mètres Mon copain Jean-Pierre. Cap sur le large pour y mettre à l’eau un kilomètre de filets. "Là, on a aucune prévision. La pêche, on ne sait jamais. C'est trop aléatoire en ce moment. Tu vas en mer, tu peux faire une pêche miraculeuse ou ne rien avoir du tout."

phare

Le phare d'Eckmüh. Crédit : Frank Perry/AFP

10 h. Retour au port du Guilvinec avec une grosse cargaison d’araignées, quelques homards, une belle pieuvre, des soles et des rougets. L’après-midi est consacré à l’autre passion de sa vie : Scarlette fait découvrir le monde des algues dans son atelier et explique : "Je récolte des algues depuis que je sais marcher. Mes parents avant moi étant goémoniers, on a toujours ramassé des algues." A son public, elle indique que l'air du coin "est le plus pur d'Europe". Il a été "mesuré et quantifié depuis le haut du phare d'Eckmühl", le tout grâce "au champ d'algues qu'il y a au pied du phare. Les algues, c'est 70% de l'oxygène de notre planète. Les algues sont la première vie apparue sur la Terre", raconte-t-elle avant d'évoquer des variétés d'algues et leurs propriétés.

laituecarre

Laitue de mer. Crédit : DR

16 h. Il est grand temps de passer à la dégustation. Scarlette mélange et assaisonne d'une vinaigrette. "Maintenant, on est dans le vent. Quand j'ai commencé, je n'étais pas du tout dans le vent. J'étais prise pour la farfelue du village." Pour Mathilde, venue de Haute-Savoie, les algues, c'est "ce qui chatouille dans l'océan, ce sur quoi on n'aime pas mettre les pieds parce que c'est visqueux. En en connaissant les bienfaits, nos mentalités vont changés. Du coup, je vais essayer d'en consommer dans mon alimentation parce que c'est riche en oligo-éléments et minéraux." La jeune fille met aussi le goût en avant. Pour info, 823 espèces d’algues sont répertoriées dans le Sud-Finistère !


Les émissions précédentes