Révolte contre Uber

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L'édito économique est une chronique de l'émission Europe matin
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Les syndicats de chauffeurs ont appelé hier au boycott contre la plate-forme concurrente des taxis, ils demandent une meilleure rémunération.

L'édito éco de Daniel Fortin, rédacteur en chef aux Echos. Bonjour Daniel.

C’est la révolte contre Uber, les syndicats de chauffeurs ont appelé hier au boycott contre la plate-forme concurrente des taxis, ils demandent une meilleure rémunération et manifestement on a franchi un cap Daniel.

Oui parce qu’ils sont très organisés les chauffeurs et ils font beaucoup de buzz par exemple Thomas ils ont créé un hashtag "jeboycotte Uber" sur Twitter, ils ont aussi lancé une pétition sur Change.org, ils vont distribuer des tracts dans la rue, ils ont aussi le soutien officiel de la CFDT et surtout, encore plus intéressant, il semblent avoir une oreille, je dirais attentive du gouvernement

En clair, ça veut dire quoi, que le gouvernement soutient le mouvement ?

Alors pas directement mais les syndicats font aujourd’hui pression sur le secrétaire d’Etat aux Transports pour obtenir de lui qu’il interdise tout simplement à Pôle Emploi d’orienter les chômeurs vers Uber. Alors leur argument c’est qu’en le faisant on encourage un modèle économique qui ne permet tout simplement pas aux gens de vivre. Il faut rappeler ici les chiffres Thomas en moyenne les chauffeurs ne retirent qu’entre 1400 et 1700 euros nets par mois de leur activité alors que souvent ils travaillent 60 jours par semaine et six jours sur sept, sachant qu’ils doivent se payer leur voiture ou leurs assurances c’est vrai qu’à la fin du mois ça ne fait pas lourd.

Mais est-ce que c’est le rôle d’un gouvernement de dissuader les chômeurs de chercher un travail ?

Eh bien non évidemment dans cette affaire on marche sur la tête surtout que les VTC emploient aujourd’hui 22 000 personnes en France, il y en avait zéro il y a trois ans, imaginez-vous que l’an dernier ils représentaient à eux seuls ¼ des créations nettes d’emploi en Ile de France, ils recrutent surtout, on le sait, dans des banlieues difficiles là où le taux de chômage atteint parfois les 40% et au fond on retrouve là le vieux débat qui agite les spécialistes du marché du travail, faut-il privilégier l’emploi ou les salaires, eh bien on voit qu’ en France il n’est pas encore tranché