Premier clap de la séquence communication d'Emmanuel Macron réussi : vivement dimanche !

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L'édito politique d'Hélène Jouan est une chronique de l'émission Europe matin
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Emmanuel Macron sera dimanche soir sur BFM et Mediapart. Jeudi, il était l'invité de Jean-Pierre Pernaut sur TF1 à la mi-journée. Un séquençage de communication serré pour s’expliquer face aux Français.

Clap première : c’était hier. Mais…vivement dimanche ! Non que la leçon de pédagogie professée par Emmanuel Macron n’ait été réussie, car tous les items que le président devait cocher pour répondre aux inquiétudes, questions, irritations des téléspectateurs habitués de TF1 à cette heure-là l'ont été.

Ne rien concéder. Point météo pour commencer, seul sujet sur lequel le président n’a pas été appelé à réagir. Il n’est pas le président de la pluie. Mais après, entre son image de "président des riches et des villes", la grogne sur le pouvoir d’achat, la grève des cheminots (présentée sous le seul angle de la galère des usagers), la cagnotte… tout ou presque y est passé. À chaque fois, la réponse fut "fermeté", "cohérence", "aménité".

La fermeté, parce qu’Emmanuel Macron n’a strictement rien concédé. "Merci, merci, merci" : à cinq reprises, le président l'a répété aux retraités qui subissent la hausse de la CSG. Ça ne met pas de beurre dans les épinards, mais allez savoir, ça met peut-être un peu de baume au cœur. Un effort a aussi été demandé aux cheminots. Selon le président, à part eux, tout le monde a pris sa part. Mais son grand-père était cheminot, alors ce n’est pas lui qui dira que ce sont des privilégiés. Aux "professionnels du désordre dans les facs", Emmanuel Macron a mis une claque en déclarant : "Il n'y a pas d’examen en chocolat dans la République". Une autre a été donnée aux zadistes. "On rétablit l’ordre républicain", a-t-il déclaré à leur encontre. Point barre.


Libérer, protéger… et unir. A noter toutefois ce petit ajout important dans la sémantique macronienne : "Unir". Le verbe vient compléter le diptyque initial "libérer, protéger". Unir pour répondre sans doute aux risques de fracturation qui semblent émerger dans le pays, faire pièce à l’accusation d’être le président de quelques-uns, et adoucir un peu son image.

L’avantage, c’est qu’Emmanuel Macron n’a pas, pour l’instant, à se justifier d’un changement de pied. Il ne passe pas, par exemple, du discours du Bourget au CICE. L’inconvénient, c’est qu’à partir du moment où il fait ce qu’il a dit qu’il ferait, et bien il ne change rien. Le président va donc rassurer ceux qui l’attendaient sur cette posture de fermeté, et agacer un peu plus encore ceux qui l’accusent d’être sourd à la contestation sociale.

Que lui reste-t-il à dire dimanche ? Sur BRMTV et Mediapart, Emmanuel Macron abordera peut-être quelques sujets dont on a visiblement jugé jeudi qu’ils ne faisaient pas partie des préoccupations essentielles des téléspectateurs de TF1 : la polémique sur la laïcité déclenchée par son discours aux Bernardins, le sort des fichiers S (il n’a pas répondu à la question), l’environnement, son ambition européenne dont on voit peu de résultats pour l’instant, des précisions sur la Syrie, Bachar al-Assad…

Pour ne rien vous cacher, on attend surtout un match dimanche, pour ne pas dire un catch. Celui entre Jean-Jacques Bourdin de BFMTV et Edwy Plenel de Mediapart. Un peu plus d’adversité, de contradiction. Le promeneur de l’Elysée va passer de l’école de Berd’huis au Palais de Chaillot à Paris, lieu de l’émission. Fini le maître d’école ! Dimanche, Emmanuel Macron sera peut-être passé à la question.