Sur TF1, Emmanuel Macron va s’expliquer et expliquer le macronisme

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L'édito politique d'Hélène Jouan est une chronique de l'émission Europe matin
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Emmanuel Macron s’invite jeudi au 13 Heures de Jean-Pierre Pernaut, pour une heure d’émission spéciale en direct d’une école d’un village de l’Orne.

Il parait que ça ne se fait pas de fêter les anniversaires à l’avance, mais l’Elysée n’est pas superstitieux. Il était initialement prévu que le président s’exprimât un peu plus tard, a priori en mai, face aux Français, puis en juillet devant le Congrès pour rendre des comptes aux parlementaires. Emmanuel Macron a choisi d’anticiper. Les foyers de contestations se multiplient, il n'est donc pas question de prendre le risque d’une contagion, et surtout de se voir "empêché". Pas de gouverner, on n’en est pas là, mais en tout cas de se déplacer normalement, sans être alpagué à chacune de ses sorties par des retraités, des cheminots, des jeunes ou des infirmières.

Les chevaux légers de la maison Macron, Premier ministre compris, sont tous montés au front. L'exécutif veut aller plus loin pour désamorcer les tensions. Emmanuel Macron a décidé de venir en personne expliciter la mise en œuvre de ses engagements, en rappeler le sens et les retombées pour chacun.

Un message aux retraités et à la France des campagnes. Si cette intervention tombe évidemment en pleine grève SNCF, l’objectif pour le président n’est pas de stopper la grève par sa seule parole. Jupiter peut-être, mais pas fée clochette. Emmanuel Macron a surtout besoin de reconquérir les retraités, qui l’ont soutenu en avril dernier et qui depuis la hausse de la CSG se retournent contre lui, mais aussi d’expliquer à ceux qui ne sont pas forcément actifs/connectés/citadins, et qui vivent dans des zones où l’on subit les déserts médicaux, la fracture numérique, les fermetures de classe, la crainte des fermetures de ligne SNCF ou l’incompréhension face à une nouvelle limitation de vitesse, qu’il ne les oublie pas, que les réformes sont aussi faites pour eux. Et pour faire la pédagogie non arrogante, l’auditoire du 13 Heures de TF1 est la cible idéale.

Faire basculer l'opinion. Son message portera donc au-delà des cheminots, même si l’idée est de jouer l’étouffement de la grève, en la privant d’oxygène, c’est-à-dire d’un éventuel soutien de l’opinion publique, soutien qui reste ambigu aujourd’hui. Quelques débordements pourraient l’y aider : la scène d’un mannequin à son effigie pendu puis brûlé à Nantes samedi, en marge d’une manifestation réunissant étudiants et cheminots, était du plus mauvais goût.

Emmanuel Macron devrait user contre la violence de ses opposants de l’argument de "la légitimité des urnes" et de celui du travail parlementaire qui sera en cours jeudi à l’Assemblée nationale sur la loi ferroviaire, contre la violence de ses opposants. L’expulsion des éléments les plus radicaux de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes lundi matin, augure du message que le président devrait marteler jeudi : fermeté et détermination.