Inde : le ministre des Droits des femmes arrêté pour viol

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Derrière le buzz est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Sandeep Kunar, ministre indien du Droit des femmes, fait l'objet d'une plainte pour viol après la diffusion d'une vidéo de lui à moitié nu où il est en train d'embrasser deux femmes.

Un scandale qui indigne, et consterne en Inde : le ministre du Droit des femmes dans le gouvernement de New Delhi a été arrêté pour viol.

C’est le dernier rebondissement d’un scandale qui a éclaté il y a plusieurs jours. Mercredi, une  vidéo est mystérieusement apparue sur les bureaux du chef du gouvernement et du patron d’une chaîne de télévision locale. On y découvre le ministre Sandeep Kunar, à moitié nu, en train d’embrasser deux femmes. Or kunar occupe un poste spécial dans le gouvernement, il est en charge du Droit des femmes et du Bien-être des enfants. Il est aussitôt limogé alors qu’une partie de la presse  le défend alors  : l’adultère n’est pas un crime. Lui jure que le document  est faux, fabriqué pour lui nuire parce que c’est un intouchable. Mais sa défense s’est effondrée ce week-end quand cette plainte pour viol est arrivée, depuis c’est l’opinion qui s’enflamme.

Car le viol est un véritable fléau en inde.

Oui, depuis la mort d’une jeune indienne, violée par tout un groupe dans un bus de New Delhi en 2012, les consciences se sont réveillées sur la réalité des viols et sur le poids du silence. La victime du ministre, qu'il aurait attirée chez lui en lui promettant des bons alimentaires, se serait tue pendant des mois car elle avait peur que son mari la quitte. Ma réputation est ruinée, dit-elle, puisqu'on me voit sur ces images. Or en Inde le blâme retombe souvent sur la victime, rejetée par sa communauté. Ces dernières années des manifestations gigantesques ont réclamé un sursaut de fermeté contre les auteurs. Mais on peut faire des campagnes, imposer des bouton d’alerte sur les téléphones portables, cela ne changera pas grand-chose tant que les esprits n’évolueront pas. Tant que les enfants penseront que c’est normal de battre sa femme, comme 57% des petits indiens selon l’Unicef, ou tant qu’un ministre du Tourisme pourra conseiller aux femmes de ne pas porter de jupes pour être tranquilles, propos entendus la semaine dernière.

Mais le ministre nie, il dit qu’il n’a rien fait.

Oui même sa femme le soutient ce matin dans l’Indian Express, elle ne croit pas un mot de toute cette histoire qui reste néanmoins troublante. Le chef du gouvernement a limogé le ministre avant même qu’on parle de viol et Kunar  crie au complot, il était le dernier intouchable de ce gouvernement, deux autres ont été limogés pour d'autres scandales en à peine 18 mois. C'est un autre tabou, qui résiste : Officiellement les castes ont été abolies en 1950, mais elles structurent toujours la société entière.