Pièces de 1 et 2 centimes d’euros: “il y a assez peu d’intérêt à garder cette monnaie”

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Pièces de 1 et 2 centimes d’euros: “il y a assez peu d’intérêt à garder cette monnaie”
@ FRANCOIS GUILLOT / AFP
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3 QUESTIONS À - Après la décision de l’Irlande de supprimer de la circulation les pièces de 1 et 2 centimes d’euros, qu’en est-il en France ?

Après la décision de l’Irlande de supprimer ses pièces de 1 et 2 centimes de la circulation, la présence de ces dernières en France fait débat. Aujourd’hui, produire une pièce de 1 centime revient à 1,2 centime alors que celle de 2 centime coûte 1,3 centime à l’État. Une production combinée qui permet à Christophe Beaux, PDG de la Monnaie de Paris, d’affirmer au Parisien ce 23 octobre que “fabriquer les deux ensemble est donc rentable”.

Malgré tout, faut-il supprimer ces pièces ? Entre attachement aux petites pièces et nécessité économique, éléments de réponses avec Marielle Leblanc, numismate (spécialiste de la monnaie) chez cgb.fr, site spécialisé.

L’Irlande a décidé de supprimer les pièces de 1 et 2 centimes. Allons-nous vers la même décision en France ?

Je ne crois pas que cela soit dans les projets de la Monnaie de Paris ni du ministère des Finances. Si vous enlevez ces pièces, les prix vont être arrondis à l’unité supérieure et la population va ressentir une hausse des prix. Forcément, cela serait mal vécu par les gens. D’autant plus que beaucoup de prix proposés le sont avec des centimes à arrondir au niveau supérieur comme le fameux 0,99 euro.

Mais la présence de ces pièces fait-elle perdre de l’argent à l’État français ?

Très clairement, oui. Le coût de fabrication est plus élevé que la valeur réelle de la pièce. En plus du coût économique de la fabrication de ces pièces, il faut penser qu’elles sont retraitées ou récupérées par la Monnaie de Paris pour être fondues ou nettoyées plus tard. C’est lourd à traiter et ça coûte cher aussi. 

Au-delà de l’aspect économique, ont-elles encore une utilité pour les Français ?

En réalité, on ne les utilise déjà plus. Simplement, la culture et les habitudes font qu’on ne veut pas s’en séparer. Tout ça n’est qu’une question de psychologie. Si une décision au niveau politique était prise, cela provoquerait la mise en place de la règle de l’arrondi, les gens auront une impression de hausse des prix et les pouvoirs politiques seront tenus responsables. Ce cercle psychologique empêche de réellement agir sur ces pièces.