Macron s'attaque à son premier chantier : la loi Travail

  • A
  • A
Macron s'attaque à son premier chantier : la loi Travail
Emmanuel Macron a prévu de légiférer par ordonnances pour réformer le Code du travail. @ Lionel BONAVENTURE / POOL / AFP
Partagez sur :

Parmi le calendrier de réformes que s'est fixé le nouveau président Emmanuel Macron pour ce début de quinquennat figure la réforme du code du travail.

Emmanuel Macron veut agir, et vite. Après une "concertation accélérée" avec les partenaires sociaux, le nouveau président compte faire adopter une loi d'habilitation dès l'été pour pouvoir réformer le code du travail par ordonnances.

Aller plus loin. Son objectif est d'aller un cran plus loin dans la logique de la loi El-Khomri. Cette dernière permet désormais à un patron de négocier au niveau de son entreprise les règles qui touchent à la durée du travail, sous réserve de signer un accord majoritaire avec les syndicats. Emmanuel Macron veut que cette liberté nouvelle soit étendue à d'autres champs : les salaires ou encore les conditions de travail.

Référendum. Il veut aussi donner à l'employeur la possibilité d'organiser un référendum pour donner force de droit à un accord qui aurait été conclu avec des syndicats minoritaires représentant plus de 30% des salariés. Jusque-là seuls les syndicats pouvaient organiser ce référendum. Ces deux points sont ultra sensibles : ce sont eux qui ont mis dans la rue des centaines de milliers de salariés il y a un an contre la loi Travail.

Plafonner les indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif. Le troisième point ultra sensible, inscrit dans la loi Travail avant d'être finalement retiré, que le président Macron veut faire repasser par une ordonnance, c'est l'instauration d'un plafond et d'un plancher pour les dommages et intérêts fixés par les prud'hommes en cas de licenciement abusif d'un salarié. Il y a un an tous les syndicats avaient hurlé, y compris la CFDT. A quelques jours de l'investiture d'Emmanuel Macron, les syndicats ont d'ailleurs commencé à multiplier les mises en garde face à des réformes qui risquent, selon eux, de raviver la crise sociale née de la loi Travail.