L'application de la loi Grandguillaume laisse 10.000 chauffeurs de VTC sur le carreau

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Depuis le 1er janvier, un tiers des chauffeurs VTC en France ne peut plus légalement exercer, la nouvelle législation les obligeant à détenir une carte professionnelle pour circuler avec des clients.

Il sera certainement plus compliqué en 2018 de trouver un VTC pour circuler. Plusieurs milliers de chauffeurs sont contraints de laisser leur véhicule au garage depuis l'entrée en vigueur de la loi Grandguillaume qui régule le secteur. La carte professionnelle est en effet devenue obligatoire pour exercer, alors que jusque là le statut Loti - normalement utilisé pour le transport collectif -  leur permettait de travailler pour les plateformes de type Uber ou Chauffeur Privé sans ce sésame. Un bouleversement vécu comme une casse sociale pour les uns, quand d'autres défendent une montée en gamme bénéfique pour le métier.

Un risque d'"étouffement" pour le secteur. Il y a environ 30.000 chauffeurs en France, et près d'un tiers, soit quelque 10.000 chauffeurs profitant jusque-là d'un contournement de la loi, doit désormais cesser son activité. Si certains ont pu bénéficier d'une équivalence pour obtenir leur carte professionnelle, beaucoup d'autres sont toujours dans l'attente, ce qui exaspère Yves Weisselberger, président de la plateforme SnapCar. "Si on bloque l'accès à cette profession, qui a besoin de milliers et de milliers de nouveaux chauffeurs par an pour faire face à la croissance de la demande des utilisateurs, on va étouffer un secteur économique sur lequel il y a des sociétés et des start-ups extrêmement dynamique en France, qui créent chaque année une dizaine de milliers d'emplois par an", pointe ce responsable auprès d'Europe 1.

En finir avec la précarisation de certains chauffeurs. Mais pour certains chauffeurs, il faut respecter cette loi, qui va mettre de l'ordre dans le secteur. Helmi Mamlouk, secrétaire général de FO-Capa-VTC, estime ainsi que le statut Loti a tiré le métier vers le bas. "Ce qu'il faut comprendre c'est qu'en 2018, via le contournement de la loi, il y a des gens qui travaille à 4 euros de l'heure. C'est anormal et c'est à cause de cette masse de chauffeurs sous-salariés qu'a pu se développer ce marché ultra low-cost, avec de la précarisation derrière".

 Côté clients, deux conséquences sont attendues : plus d'attente pour trouver un chauffeur, et puis, les prix pourraient remonter si les plateformes décident de compenser ce manque à gagner.