La direction de Renault fragilisée

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La direction de Renault fragilisée
@ Reuters
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C’est le n° 2, Patrick Pélata, qui a été sacrifié. Mais Carlos Ghosn n’en sort pas indemne.

C’est une page qui se tourne chez Renault. A l'issue d'un conseil d'administration extraordinaire, le constructeur au losange a annoncé lundi soir la mise à l'écart de son numéro deux Patrick Pélata, appelé à occuper d'autres fonctions au sein du groupe. Carlos Ghosn, le patron de Renault, avait refusé une première fois la démission de son bras droit. Mais, lundi, il semble qu’il n’ait pas eu le choix.

L’homme de confiance sacrifié

Dans cette affaire, Patrick Pélata a servi de fusible. "L'État n'a jamais demandé la tête de Carlos Ghosn. En revanche, nous souhaitions qu'il y ait des sanctions, il y a eu des enquêtes, détermination d'une chaîne de responsabilités, des mesures ont été prises, on en prend acte", a déclaré mardi le porte-parole du gouvernement François Baroin.

La question du débarquement de Carlos Ghosn, qui a su se rendre indispensable dans la bonne marche de la fusion entre Renault et Nissan, semble, en fait, ne jamais s'être posée. Au grand dam des syndicats. "On est pour le moins dubitatif quant au fait qu’il soit complètement écarté de toute responsabilité", a réagi sur Europe 1 Fabien Gache, délégué CGT. En interne, Patrick Pellata incarnait le dialogue social, l’homme qui avait su gérer les drames des suicides au Technocentre Renault.

"La gouvernance Ghosn remise en cause"

L'image du PDG de Renault est écornée. D'autant qu'en faisant débarquer Patrick Pélata, son "fusible" qui l'accompagnait depuis trente ans, le patron de Renault semble aujourd’hui plus seul que jamais.

Et l’Etat garde Carlos Ghosn sous contrôle. Dans un communiqué diffusé lundi, les ministres de l'Economie, Christine Lagarde, et de l'Industrie, Eric Besson, indiquent qu’il "ont prévu de faire avec Carlos Ghosn dans les prochains mois le point sur la stratégie industrielle de nature à renforcer l'alliance Renault Nissan".

Au-delà de l’affaire Renault et des sanctions, c’est "la gouvernance de l’entreprise et de son PDG qui est en cause", assure Pierre-Henri Leroy, le président de Proxinvest, société qui offre son assistance dans l'exercice du vote des actionnaires. Après le départ de Patrick Pélata, "il s'agit de nettoyer le conseil d'administration". D'après Pierre-Henri Leroy, le coeur du problème réside dans l'autogestion de la direction. "Le PDG est un homme qui se contrôle lui-même", déplore t-il.