Juncker : la France fait des "efforts pas suffisants" sur le déficit

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INTERVIEW E1 - "Je voudrais que l’effort en matière de réformes structurelles aille plus loin", a déclaré Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, jeudi sur Europe 1.

La France commence lentement à s'attaquer à son déficit, "une démarche qu’il convient de saluer". Mais le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a prévenu, jeudi matin sur Europe 1 : "pour l’instant, ces efforts ne sont pas suffisants. J’ai bien vu qu’il y a eu la loi Macron et je voudrais qu’elle trouve un prolongement encore plus substantiel".

"Que l'effort aille  plus loin". "Je crois que les réformes structurelles (à mener) sont plus importantes en France que dans d’autres pays qui sont plus avancés à l’heure actuelle", a estimé Jean-Claude Juncker, au lendemain de sa rencontre avec Manuel Valls, venu à Bruxelles pour présenter son programme de réformes. Pour le président de la Commission européenne, la loi Macron est un premier pas dans la bonne direction, mais il reste insuffisant.

"Je crois que c’est une démarche qu’il convient de saluer. Je voudrais que l’effort en matière de réformes structurelles aille plus loin", a-t-il déclaré :



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"Nous ne dictons pas à la France quel genre de réformes structurelles elle doit entreprendre. C’est à la France elle-même de choisir l’axe de son action. Pour l’instant, ces efforts ne sont pas suffisants", a-t-il poursuivi, avant d'ajouter : "la France choisira elle-même les lignes budgétaires auxquelles elle souhaitera apporter des modifications. C’est une décision de la France".

Et la croissance dans tout ça ? Après six années d'austérité, des voix commencent à contester de plus en plus vivement ces politiques axées uniquement sur le niveau du déficit public. Un nombre croissant de pays veut désormais parler de croissance, un message entendu par Bruxelles : "il faut tout de même voir que nous avons changé le discours : il y a la nécessité de consolider les finances publiques, c’est essentiel. Il y a la nécessité d’entreprendre des réformes structurelles porteuses de croissance à court et moyen terme. Et puis nous avons lancé une politique qui vise à relancer la croissance", a souligné Jean-Claude Juncker.

"Ce plan d’investissements est prêt, nous l’avons présenté : le Parlement et le Conseil sont en train de co-légiférer. Ce plan sera prêt au mois de juin", a-t-il assuré, avant de poursuivre : "on ne tombe pas amoureux d’un chiffre de 3%, on ne tombe pas spontanément amoureux d’une réforme structurelle mais on peut tomber amoureux d’une Europe qui vise très concrètement et très activement une politique de croissance fertile".

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© AFP

Le dossier grec refait surface. L'Eurogroupe qui se tient jeudi et vendredi devait être consacré à l'Union de l'énergie et à la crise ukrainienne, sauf que la Grèce refait parler d'elle. La fin du mois approche et le même problème qu'en février se pose : Athènes risque de manquer de liquidités pour boucler le mois. Le gouvernement grec a donc demandé au reste de l'Europe une nouvelle réunion pour accélérer le versement du plan d'aide, une demande qui se heurte au fait qu'Athènes n'a pas encore précisé les réformes qu'il comptait engager.

Pour Jean-Claude Juncker, un préalable s'impose : la Grèce a certes encore beaucoup à faire, mais elle a déjà parcouru un long chemin. "La Grèce sur les trois dernières années a entrepris beaucoup de réformes, a fait beaucoup d’économies budgétaires et a réalisé un surplus budgétaire primaire. Il n’est donc pas vrai de dire que la Grèce n’a pas fait d’effort", a souligné le président de la Commission européenne. Mais les tensions persistent, ce que n'a pas caché Jean-Claude Juncker.

"C’est un dialogue que j’espère vertueux entre la solidarité des uns et la solidité des autres", même si le message adressé à Athènes reste le même : "la Grèce doit entreprendre les réformes qui sont nécessaires, elle doit faire ne sorte que les engagements pris au niveau de l’Eurogroupe en 2012 soient suivis d’effets". Dans le cas contraire, la zone euro risque de retomber dans une zone de turbulence, mais cela ne provoquera pas pour autant une crise comme ce fut le cas en 2010 : "je ne crois pas qu’un nouveau séisme se pointe à l’horizon puisque nous avons mis en place de mesures qui nous permettrons de réagir mieux à la crise si crise il y a", a assuré Jean-Claude Juncker.

Je ne crois pas qu’un nouveau séisme se pointe à l’horizon puisque nous avons mis en place de mesures qui nous permettrons de réagir mieux à la crise si crise il y a.