Guillaume Gibault : "Le 'made in France' permet de se projeter vers l'avenir et vers l'export"

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Le fondateur du "Slip français" est un porte-drapeau du "made in France", qu'il assure être une production d'avenir, en France comme à l'international.

Le "Made in France", un argument de poids pour les politiques. On se souvient d'Arnaud Montebourg en marinière, avec un mixeur à la main... Les 8 et 9 septembre vont se tenir à Reims "Les assises du produire en France". A cette occasion aura lieu un grand oral à l'Elysée, qui va sans doute se transformer en concours de patriotisme économique pour les candidats à la présidentielle. Rêve ou proposition réaliste ? La production française est en tout cas un argument de campagne. Guillaume Gibault, fondateur à 25 ans de la marque Slip Français, participera à ses assises. Il était l'invité de C'est arrivé demain.

"L'un en béret, l'autre en marinière". D'emblée, ce grand oral lui plait. "Moi je trouve ça génial, c'est l'occasion de mettre un grand coup de projecteur sur le 'made in France'." Le chef d'entreprise désormais trentenaire considère aussi que c'est un argument de campagne. "Pour deux raisons : il y a une vrai demande sociale pour le 'made in France' parce que l'on considère que c'est un gage de qualité et que cela permet de protéger les emplois. L'autre truc, poursuit Guillaume Gibault, c'est qu'après Montebourg en marinière, on est un peu obligé de se positionner là-dessus. A mon avis, on va avoir des trucs rigolos, l'un en béret, l'autre en marinière, ça va être un moment sympa", s'amuse-t-il.

"La France fait rêver". S'il avait un conseil à donner à cette brochette d'hommes et femmes politiques, "ce serait de prendre le 'made in France' comme quelque chose qui permet de se projeter vers l'avenir et vers l'export." L'idée, selon lui, n'est pas de rester autocentré, "de ne consommer que français et de ne pas regarder ce qui se passe autour. On est dans un monde ouvert, il faut au contraire utiliser les forces du 'made in France' , la marque France, le design, la mode, tout ce que l'on fait très bien pour aller se projeter à l'export." Et Guillaume Gibault de citer plusieurs marques qui traversent déjà les frontières avec succès pour des produits courants qui vont au delà de l'image fantasmée de la mode et de la gastronomie : Bic (pour des planches de surf et des paddles), Sophie la girafe, Duralex, Brioche dorée, etc. "La France fait rêver et c'est plus perçu ailleurs qu'en France".

Il n'en reste pas moins que que fabriquer 100% français est possible, mais la main d'oeuvre est plus chère dans l'Hexagone. "On est 15 à 20% plus cher quand on fabrique tout en France". Toutefois, il souligne que "1.200 entreprises fabriquent 'tout français' contre 500 en 2013" et que 60% des consommateurs sont prêts à payer un peu plus cher pour un produit estampillé France.