Grèce : l'Eurogroupe refuse de prolonger le plan d'aide

  • A
  • A
Grèce : l'Eurogroupe refuse de prolonger le plan d'aide
Jeroen Dijsselbloem, le président de l'Eurogroupe, samedi à Bruxelles.@ THIERRY CHARLIER / AFP
Partagez sur :

Les ministres des Finances de la zone euro se sont également réunis sans la présence de leur acolyte grec, Yanis Varoufakis.

L'Eurogroupe de la dernière chance, le cinquième en dix jours, s'est fini sans son représentant grec. Les ministres des Finances de la zone euro ont en effet décidé de se réunir sans leur acolyte grec, Yanis Varoufakis. Ils ont aussi annoncé qu'ils refusaient de prolonger le plan d'aide au-delà du mardi 30 juin, selon une source proche du dossier. La Grèce souhaitait qu'il soit prolongé jusqu'au 5 juillet, date d'un référendum lors duquel les Grecs se prononceront sur les réformes proposées par les créanciers. Yanis Varoufakis a cependant tenté de calmer le jeu en déclarant qu'un accord restait toujours possible d'ici mardi si les propositions des créanciers étaient améliorés. 

Le "Grexit", une "conséquence" possible du référendum. La suspension de l'Eurogroupe a été décidé afin de permettre au ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, de s'entretenir avec Mario Draghi, le président de la BCE, un des créanciers d'Athènes. L'Eurogroupe a ensuite repris mais sans la présence du représentant grec. Selon Michel Sapin, ministre des Finances français, l'Eurogroupe ne veut pas voir la Grèce sortir de la zone euro mais il n'a pas exclu que le "Grexit" soit une "conséquence" du référendum décidé par Athènes. Jeroen Dijsselbloem, le président de l'Eurogroupe, a cependant assuré que la porte était ouverte à d'autres discussion avec la Grèce.

La Grèce en défaut de paiement ? Théoriquement, le plan d'aide à la Grèce, qui comporte encore, contre réformes grecques, un versement de 7,2 milliards d'euros, doit prendre fin le mardi 30 juin. Mais Athènes voulait que ses créanciers (FMI, BCE et UE) le prolongent jusqu'au 5 juillet. Alexis Tsipras, le Premier ministre hellène, a en effet décidé de soumettre ce jour là par référendum la liste des réformes proposé par l'ex-troïka à la population.

Selon Jeroen Dijsselbloem, le gouvernement a décidé de rejeter les propositions des créanciers. Il a aussi affirmé que le plan d'aide à la Grèce prendra bien fin le mardi 30 juin et qu'un réunion de la zone euro sans la Grèce servira à "discuter des conséquences" d'une telle décision.

Si l'Eurogroupe maintient son refus de prolongation, Athènes sera incapable mardi de rembourser 1,2 milliard d'euros qu'elle doit au FMI. Le pays court donc le risque de se retrouver en défaut de paiement.

La BCE se réunira dimanche. Le conseil des gouverneurs de la BCE a annoncé de son côté qu'il se réunira sans doute dimanche. C'est lors de ces réunions que les prêts d'urgence à la Grèce sont décidés. Ils permettent notamment de maintenir à flot les banques hellènes, victimes de retrait de plus en plus massifs de liquidités de le part des Grecs. Pas moins de 30 milliards d'euros ont été retirés d'octobre à avril et rien que la semaine dernière, ce sont 6 milliards d'euros qui sont sortis des distributeurs. 

Le référendum qui sème le trouble. Dans la nuit de vendredi à samedi, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, avait déclaré qu'il organiserait le 5 juillet un référendum. "La question qui sera posée au référendum sera de savoir si nous acceptons ou rejetons la proposition" des créanciers, a-t-il expliqué. Ce coup de théâtre avait semé le trouble parmi les créanciers qui s'étaient par conséquent montrés pessimistes dans leur déclaration en arrivant à l'Eurogroupe de samedi.

Le chef d'Etat grec est en tout cas déterminé à aller jusqu'au bout. Il a en effet affirmé lors d'un entretien téléphonique samedi avec François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel que la consultation du 5 juillet aurait lieu "indépendamment de la décision de l'Eurogroupe".

Vendredi, l'ex-troïka, composée de la BCE, du FMI et de l'UE, avait proposé à Athènes une extension de cinq mois du programme d'aide et 12 milliards d'euros d'aide. À condition, bien sûr, qu'Athènes accepte une série de réformes et de mesures budgétaires négociées avec ses créanciers.