Bouygues Telecom : le portefeuille de Patrick Drahi est-il assez garni ?

  • A
  • A
Bouygues Telecom : le portefeuille de Patrick Drahi est-il assez garni ?
@ ERIC PIERMONT / AFP
Partagez sur :

Le propriétaire de SFR, Patrick Drahi, propose de racheter pour 10 milliards d’euros la filiale téléphonique du groupe Bouygues. 

Le très gourmand Patrick Drahi, propriétaire de Numéricable, qui avait déjà racheté SFR , veut aujourd'hui mettre la main sur Bouygues Télécom. Un projet très controversé... et très coûteux. Patrick Drahi propose 10 milliars d'euros pour s'emparer de son concurrent. À titre de comparaison, Free avait fait l'an dernier une offre entre 5 et 6 milliards. Mais Patrick Drahi a-t-il vraiment les moyens de ses ambitions ?

Il s'endette... mais fait le ménage. En un an, Patrick Drahi a racheté SFR, Portugal Télécom ainsi qu'un opérateur de câble aux Etats Unis. Et à chaque fois, il procède de la même manière : il emprunte des milliards d'euros aux banques. Son groupe a déjà plus de 30 milliards d'euros de dettes.

Pourtant, les banquiers seraient prêts à faire encore un chèque sans sourciller. Car sa technique est connue : Drahi achète en s'endettant... et il fait le ménage dans l'entreprise pour la rendre plus rentable. Lorsqu'il achète une entreprise, Patrick Drahi fait à chaque fois venir une équipe de six à sept personnes pendant plusieurs semaines. Elles scrutent toutes les dépenses... et elles coupent aussi souvent drastiquement dedans. 

Des inquiétudes pour l'emploi. C'est d'ailleurs ce qui inquiète Emmanuel Macron et les syndicats, qui craignent pour l'emploi. En cas de fusion, il y aura en effet des doublons de postes. Et peut-être ainsi des "coupures" à effectuer dans les dépenses salariales. "Une consolidation" dans le secteur des télécoms n'est "pas souhaitable", a indiqué dimanche matin le ministre de l'Economie. "Le temps n'est pas à des rapprochements opportunistes auxquels plusieurs peuvent trouver un intérêt qui ne retrouve pas ici l'intérêt général", a jugé Emmanuel Macron, qui poursuit : "Je dis et répète que la consolidation n'est pas aujourd'hui souhaitable pour le secteur. L'emploi, l'investissement et le meilleur service aux consommateurs sont les priorités.