Combien coûterait l'abandon de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ?

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Si l'État renonçait à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la facture pourrait être lourde, car de nombreux acteurs pourraient réclamer réparation.

Emmanuel Macron va-t-il donner son feu vert à la construction du nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes ? Le chef de l'État doit rendre sa décision avant la fin janvier, en se basant sur un rapport rendu par les médiateurs, mardi, et dont les conclusions ne penchent pas clairement pour l'une des deux options. Mais si le président de la République décidait de ne pas suivre le "oui" au nouvel aéroport, qui l'avait emporté lors de la consultation de juin 2016, les conséquences financières pourraient être considérables.

L'énigme Vinci. Le premier à demander des comptes serait le groupe Vinci, choisi pour exploiter l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes pendant 55 ans. En cas d'abandon du projet, l'indemnisation est prévue au contrat au contrat signé avec l'Etat, au titre de l'article 81. La facture pourrait grimper jusqu'à 350 millions d'euros, estiment les médiateurs. Mais ce sera peut-être moins, car Vinci n'a pas intérêt à jouer le bras de fer pour deux raisons : parce qu'il peut négocier d'exploiter plus longtemps que prévu l'actuel aéroport de Nantes et parce qu'il est, par ailleurs, candidat à la privatisation d'Aéroport de Paris.

Les collectivités engagées. D'autres parties prenantes pourraient réclamer réparation. Côté collectivités, les villes de Nantes, Rennes et Angers sont financièrement engagées dans le projet, de même que cinq départements du grand Ouest et les régions Pays de la Loire et Bretagne. On leur a promis une part du chiffre d'affaires lié au futur aéroport et elles pourraient donc monter au créneau.

Les recours toujours présents. N'oublions pas les compagnies aériennes qui passent par l'actuel aéroport et qui versent tous les ans une taxe pour le transfert vers Notre-Dame-des-Landes. Elles seraient aussi en droit de réclamer le remboursement des sommes versées. Ajoutez à cela là les recours que les riverains de Nantes-Atlantique envisagent de former, au titre des nuisances sonores. Lesquelles ne sont pas prêtes de s'arrêter si Notre-Dame-des-Landes ne voyait jamais le jour.

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