Ce scandale qui fait peur à l’Amérique

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Ce scandale qui fait peur à l’Amérique
@ REUTERS
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Le "foreclosure-gate" fait trembler les banques et inquiète la Maison-Blanche.

C’était en 2007-2009. Au cœur de la crise des subprimes, des millions d’Américains recevaient des lettres d’expulsion. Ne pouvant rembourser leur hypothèque, ces Américains étaient enjoints de rendre leurs clés. Parfois même, plusieurs représentants de banques différentes cognaient à votre porte.

La plupart de ces saisies se sont faites dans la précipitation, les banques souhaitant récupérer au plus vite les biens hypothéqués.

Les banques ont contourné la procédure administrative

Or, en examinant les dossiers de saisies d’un peu plus près, des avocats ont, peu à peu, déniché une faille dans le système. Il apparaît que les banques ont contourné la procédure légale. En somme, les saisies auraient été effectuées sans tenir compte des règles administratives en vigueur.

Pire encore, le système informatique censé enregistrer toutes ces transactions n’a pas conservé l’historique remontant à 2007-09.

Des millions d'actes pourraient être annulés

Résultat : ces défaillances pourraient conduire à l’annulation de millions d’actes d’achat ou de vente, car les banques ne sont plus en mesure de prouver qu’elles détenaient, ou non, l’hypothèque. C’est ce qui s’appelle le foreclosure-gate, le "scandale des saisies".

Pour y faire face et pour "gérer ce problème de la manière la plus efficace et cohérente possible", 50 Etats ont décidé de s'unir "pour parler d'une seule voix". Ce groupe, composé des ministres de la Justice, a d’ailleurs déjà commencé à enquêter.

Une facture salée pour les banques

Dans un pays frappé par la crise la plus dure depuis les années 1930, l'idée que des saisies de maisons, voire des expulsions, aient pu être menées sur la base de dossiers erronés inquiète et scandalise.

D’ores et déjà, Ally Financial (ex-GMAC), la banque par laquelle l'affaire avait débuté fin septembre, a annoncé qu'elle allait réexaminer ses procédures de saisies dans tous le pays. Bank of America, la plus grande banque américaine, a également suspendu certaines de ses ventes.

Au total, la facture pourrait s’élever à 700 milliards de dollars pour les banques américaines. Mercredi, le président Barack Obama tiendra une réunion crise, sur le sujet, à la Maison-Blanche.