“Ce pays est immobile, ce n’est pas un destin pour la France"

  • A
  • A
Partagez sur :

Sur Europe 1, Robin Rivaton, économiste, évoque une France bloquée "dans un magma d’immobilisme". "C’est un pays qui a fait un choix catastrophique, mortifère."

"Ça va mieux", a récemment estimé le président de la République, François Hollande. Sur Europe 1, Robin Rivaton, jeune économiste, porte-drapeau de la nouvelle vague libérale, affirme pourtant que "l’on est loin du compte". "Je pense que la France va un peu mieux, il faut se satisfaire quand il y a des bonnes nouvelles. Il y a les chiffres (du chômage, ndlr) sur les trois derniers mois qui progressent mais on est très loin des autres pays, on est loin du plein emploi de l’Autriche, des pays du nord. Aujourd’hui, le président n’a pas retrouvé un état d’esprit positif."

Selon lui, la France se trouve dans une forme "d’accalmie". "La France a pris le vent. Mais c'est la stabilité. Ce pays est immobile. L’immobilisme, cela peut avoir un aspect protecteur, mais ce n’est pas un destin pour la France", estime Robin Rivaton.

"Il n'a pas corrigé la situation". François Hollande n'a pas hérité "d'une France totalement reformée mais il n’a pas corrigé la situation", ajoute Robin Rivaton. "Aujourd’hui, on a quatre années de recul. Dans un grand nombre de pays démocratiques, on arrive à faire des choses, à condition qu’on le fasse en début de mandat."

"Le volcan est en train de remuer sous nos pieds". Selon lui, la France se dirige vers un mur : "neuf Français sur dix pensent qu’on est en déclin. 85% des Français pensent que leurs enfants vivront matériellement moins bien qu’eux. Aujourd'hui, on vit un peu mieux, mais le mur, on le sent, on sait que l'État ne peut pas vivre avec une dette de 4 milliards. On sent que le volcan est en train de remuer sous nos pieds."

"En France, quand on tombe, on ne se relève pas". "C’est un pays qui a fait un choix catastrophique, mortifère. On n'arrive pas à recréer de la dynamique", insiste le jeune économiste. "Ici, on a l’impression que tout est tracé d’avance. Il y a des sociétés qui sont plus dures matériellement, mais plus apaisées car changer de voie, passer d’un métier à l’autre est plus simple. En France, quand on tombe, on ne se relève pas. Cette inquiétude, elle est très prégnante."