"Contre-choc fiscal" proposé par Sarkozy : "Une promesse de campagne de plus"

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L'économiste Philippe Crevel a répondu mercredi sur Europe 1 à la proposition de Nicolas Sarkozy de baisser les impôts de 20 à 30 milliards d'euros.

INTERVIEW

20 à 30 milliards d’euros minimum de baisse d’impôts, voilà ce qu'a proposé Nicolas Sarkozy ce mercredi sur Europe 1. Mais cette promesse est-elle crédible ? "C'est en l'état une promesse de campagne de plus sauf si on nous dit qu'on change les structures publiques ainsi que le mode de délivrance des prestations sociales et qu'on tranche dans les crédits budgétaires", a rétorqué dans Europe1 midi l'économiste Philippe Crevel qui dirige le Cercle de l'épargne. "Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent", a cité l'économiste, reprenant la fameuse phrase de Charles Pasqua.

Une telle proposition, "c'est oublier le contexte économique et celui des finances publiques", a également estimé le responsable. Les impôts ont commencé à augmenter sous la présidence de Nicolas Sarkozy, en 2010, pour réduire le déficit public (à l'époque d'environ 7%). "Il faut passer en-dessous des 3% du PIB pour être dans les clous", a rappelé Philippe Crevel.

Engagés auprès de nos voisins. Dans son pacte de responsabilité, la France s'est engagée auprès de la Commission européenne à réduire son déficit, même si les objectifs initiaux ne seront pas complètement atteints. "Mais entre un et 20 milliards, il y a quand même une petite différence (…) On est dans une zone où on est associés avec les Allemands, les Italiens, les Espagnols… Pourquoi la France aurait toute liberté pour avoir un endettement supérieur quand les autres sont relativement bien gérés ?", s'est interrogé Philippe Crevel.