Un César pour "Demain" : "On ne pouvait rêver mieux", confie Cyril Dion

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Cyril Dion, co-réalisateur de "Demain" avec Mélanie Laurent, était l'invité de David Abiker, samedi matin, dans "C'est arrivé cette semaine". L'occasion de parler de leur documentaire, couronné d'un César, la veille. 

"Un scénario de rêve". C'est ce que vit Cyril Dion, co-réalisateur du film Demain avec Mélanie Laurent, sacré vendredi soir César du meilleur documentaire. "C'est extraordinaire, on ne pouvait rêver mieux. Je suis hyper heureux. Cela va donner une légitimité à tous ces gens qui agissent depuis des années. Maintenant , ils vont se sentir légitimes pour aller voir leurs élus et leur dire : 'Vous voyez, tout ce qu'on fait depuis des années, cela a été couronné par un César, donc allons-y, allons plus loin", confie l'homme de 37 ans, invité de David Abiker, samedi matin, dans C'est arrivé cette semaine, sur Europe 1.

"On a la plupart des réponses à la plupart des problèmes". Au lendemain de la cérémonie au théâtre du Châtelet, à Paris, Cyril Dion s'avoue "épuisé, mais complètement porté par l'énergie des gens et l'idée qu'il y a tellement de choses à faire". Depuis la sortie de son film, il croule sous les missives l'informant d'initiatives positives en tout genre. Il faut dire qu'avec Demain, "l'idée était de montrer qu'on a la plupart des réponses à la plupart des problèmes que l'on connaît aujourd’hui", explique Cyril Dion dont le documentaire, en salles depuis le 2 décembre dernier, a passé la barre des 700.000 entrées. "C'est bien plus à notre portée que ce que l'on imagine, que ce qu'on entend dans les discours politiques", poursuit-il. 

"L’agriculture, c’est un peu la base". Dans leur documentaire, Mélanie Laurent et Cyril Dion parviennent d'ailleurs à dresser un panorama enthousiaste des expériences citoyennes les plus abouties dans leurs domaines (logement, agriculture, etc.). "Cela a été mon métier pendant plusieurs années. J'avais plus de sujets et d'initiatives que ceux qu'on a pu mettre dans le film", développe celui qui a été l'un des fondateurs du mouvement Colibris, avec Pierre Rabhi, il y a neuf ans, mais est aussi le créateur du magazine Kaizen, qui valorise des initiatives positives pour changer l'éducation, la santé ou encore l'agriculture. Alors que s'ouvre samedi le plus grand rendez-vous du monde paysan, "l’agriculture, c’est un peu la base". "Permettre à des gens de se nourrir de façon saine et permettre à l'humanité de se nourrir demain, c’est la première des choses que l'on doit accomplir", souligne Cyril Dion, devenu végétarien à l'issue du tournage de Demain.

"Ne pas se contenter de dire, mais faire les choses". Celui que ses convictions écolos ont profondément changé, qui aspire à être "plus cohérent' pour "ne pas se contenter de dire, mais faire les choses", se souvient d'un endroit en particulier parmi toutes les solutions citoyennes présentées par le film : la ferme biologique du Bec Hellouin, située dans le village éponyme, en Normandie. Ressemblant "plutôt au jardin de Marie-Antoinette" qu'à une ferme classique, c'est "un endroit dont ne peut pas ressortir indemne", résume-t-il. "Il y a une force de profusion et de densité de cultures dingues". Sans mécanisation, sans pesticides, sans pétrole, "on est capable de produire dix fois plus que du maraîchage traditionnel avec toute la batterie de produits que l'on a d'habitude", développe le réalisateur, fasciné. Un constant "extrêmement déstabilisant", concède-t-il. 

Un film offrant "un espoir fou". Mais avec Demain, ces trentenaires soucieux du monde qu'ils laisseront à leurs enfants ont peut-être fait bouger les lignes. "Les gens nous disent que ça leur donne un espoir fou, que ça leur donne envie de faire des choses", raconte le réalisateur qui reçoit après chaque projection de son film, des courriers pour lui relater les projets inspirés et lancés après avoir visionné Demain. Un succès encourageant pour Cyril Dion, qui glisse : "Je suis en train d'écrire un autre film. Une sorte de suite, plutôt une fiction". Une nouvelle réalisation "avec l'idée de raconter comment une révolution pourrait se produire dans les dix ou vingt années qui viennent, et avec l'idée que l'on a besoin de créer un imaginaire qui puisse donner envie de le faire sans que l'on se dise que cela va passer par la violence et le chaos". 

>> Retrouvez l'émission intégrale de David Abiker, "C'est arrivé cette semaine", en cliquant ici.