Placido Domingo : "Les artistes, nous sommes là pour l'applaudissement"

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Le chanteur lyrique espagnol de 75 ans revient sur la scène de l'opéra Bastille après 15 ans d'absence. Pour Europe 1, il évoque son art, l'actualité en Europe et le football. 

INTERVIEW

Il n'avait pas foulé la scène de l'Opéra de Paris depuis 15 ans. Il y est revenu vendredi. Placido Domingo chantera une nouvelle fois La Traviata de Verdi, tiré de la Dame aux camélias d'Alexandre Dumas, lundi soir dans l'antre lyrique. Le ténor espagnol était l'invité exceptionnel d'Europe 1 dimanche matin dans l'émission C'est arrivé demain

Une première comme baryton. La dernière fois qu'il avait foulé la mythique scène parisienne, il avait enfilé le costume pour Parciphale de Wagner. Les retrouvailles, vendredi, avec le public français étaient "incroyables, glisse le chanteur de sa voix de velours. Toute ma vie, j'avais une romance d'amour avec le public français." Vendredi, pour la première fois, il chantait à 75 ans comme baryton. Autrefois, il prenait les traits de l'amant de La Traviata, Alfredo. Il se place aujourd'hui dans la peau du père qui veut séparer son fils de la courtisane, un rôle qu'il "aime beaucoup plus", visiblement apprécié du public. Les spectateurs "ont commencé à applaudir au milieu du duo de Violetta et Germont", raconte le chanteur. 

"Aider les migrants dans leur pays". Que l'artiste évoque les applaudissements permet de résoudre un problème fondamental : peut-on applaudir entre les actes à l'opéra ? Des puristes s'y opposeraient. Placido Domingo défend les enfiévrés des claquements de mains plus ou moins opportuns. "Les artistes, nous sommes là pour l'applaudissement." Même à l'opéra, cet art fastueux réputé pour être adoré ou détesté, qui prend sa source en Europe. Un continent aujourd'hui affaibli, frappé.

"Cela m'attriste. Il y a des tragédie qui s'étendent au monde. Novembre à Paris, le 11 septembre 2001 à New York... Maintenant, le problème, c'est vraiment la guerre terrible en Syrie, avec la migration dans toute l'Europe. Qu'est ce qu'on peut faire ? Il faudrait peut-être établir un groupe dans toute la communauté européenne où on peut aider les migrants dans leur pays mais les faire venir chez nous, c'est très difficile", analyse l'artiste. Quant au possible Brexit, le chanteur se dit "un peu inquiet" mais croit que la Grande Bretagne "va rester."

Zidane ? "Jambes de soie". Placido Domingo revient sur son souvenir du 14 Novembre. Au lendemain des attentats parisiens, il se trouve au Metropolitan Opera à New York et interprète La Marseillaise avant de jouer la Tosca. "La France a une histoire incroyable, Paris est une ville incomparable. Tant de personnages sont connectés avec la France. C'est un privilège de venir."

Mais la privilège de fouler la scène de l'Opéra vendredi lui a aussi fait louper...le match de l'Euro Espagne-Turquie, le football étant une de ses grandes passions. "J'avais enregistré le match mais on m'a donné le résultat (3-0, ndlr)", avoue-t-il au micro. Lui qui a une coque de téléphone du Real Madrid et qui appelle son ami Zidane "jambes de soie" verrait bien une finale France - Espagne. On vous laisse deviner quelle équipe il aimerait voir soulever la coupe.