La Loi du marché : accusé de plagiat, le réalisateur s'explique

Vincent Lindon, l'acteur principal de La Loi du marché, reçoit son prix à Cannes.
Vincent Lindon, l'acteur principal de La Loi du marché, reçoit son prix à Cannes. © BERTRAND LANGLOIS / AFP
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Mathieu Charrier avec Barthélémy Gaillard , modifié à
AMBIGU - Après avoir brillé à Cannes, le film La Loi du marché remporte un franc succès en salles. Mais crée la polémique, tant son intrigue et ses personnages rappellent ceux d’un court-métrage sorti en 2010.

La frontière entre l’inspiration et le plagiat est parfois bien mince. Si le film La Loi du marché, dont l’acteur principal Vincent Lindon a notamment été récompensé par le prix d’interprétation masculine à Cannes, connaît un succès croissant, il est aussi l'objet d'une polémique. Le film défraye actuellement la chronique parce qu'il présente de grandes ressemblances avec un court-métrage appelé Lundi CDI, sorti en 2010, soit cinq ans auparavant. La narration tourne là aussi autour du personnage principal du vigile d’un supermarché qui, comme Vincent Lindon alias Thierry dans La Loi du marché, est tiraillé entre l’envie de laisser les voleurs (dont certains sont ses collègues) œuvrer à leur aise et la crainte de voir ses négligences découvertes, et donc de perdre son travail. Tout est ensuite parti d'un post de blog d'un des assistants réalisateurs de ce court-métrage qui dénonce un plagiat, comme l'explique Slate


Lundi CDI, un film de Patrice Deboosèrepar Telerama_Doc

Une prise de contact directe. Intrigue, point de vue et décors sont donc les mêmes, seule la fin diffère. Mais l’inspiration n’est pas masquée, puisque Stéphane Brizé remercie explicitement Patrice Deboosère, le réalisateur du court-métrage, à la fin de son générique. Et pour cause, après avoir découvert Lundi CDI, Vincent Lindon a contacté ce dernier pour lui faire part de son intention d’en faire un long-métrage. Mais Patrice Deboosère n’aura pas plus de nouvelles, jusqu’à la sortie du film.

Pas d’amertume pour le réalisateur. Dès le 18 mai, il s’exprimait sans amertume sur sa page Facebook : "Vincent Lindon a découvert mon court-métrage alors que je le sollicitais pour un autre projet. Il m'a alors confié son souhait d'étudier la possibilité d'en faire un long. Je l'ai autorisé à le montrer à différentes personnes afin d'envisager cela plus concrètement, tout en lui rappelant mon désir de travailler avec lui. Quelques mois plus tard, j'apprends par hasard que Stéphane Brizé travaille sur le projet. Contrarié de ne pas avoir eu d'informations directes sur l'évolution de ce projet, j'ai surtout compris que mon rôle se limiterait à avoir suscité ce désir de film.

Concernant d'éventuels droits, je conviens oralement, avec Stéphane Brizé et Christophe Rossignon, le producteur, que si un ou plusieurs éléments narratifs de mon film seraient ré exploités, il serait question d'un contrat en bonne et due forme. Finalement, la version finale du scénario n'en comportait aucun, donc pas de contrat. Je n'ai à ce jour pas encore vu le film mais je fais entièrement confiance à Stéphane Brizé, dont j'apprécie beaucoup le travail et pour lequel mon film aura juste été une source d'inspiration comme une autre."

Stéphane Brizé répond. Critiqué, Stéphane Brizé répond qu’il a bien vu le court-métrage, qu’il s’en est bien inspiré en reprenant le personnage central, mais qu’il ne considère pas avoir adapté Lundi CDI en long métrage, puisque "l’histoire ne pouvait faire qu’un court", comme il l’explique à Slate, ajoutant qu’un personnage comme un agent de sécurité "n’est pas une idée qui appartient à tout le monde". Difficile de faire la part des choses dans cette affaire. Une seule chose est sûre : le film connaît un franc succès en salle, puisqu’il va bientôt passer la barre des 500.000 entrées.  

 

Qu'est-ce que le plagiat ? 

"Toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d'une oeuvre de l'esprit en violation des droits de l'auteur, tels qu'ils sont définis et réglementés par la loi" est un délit de contrefaçon en vertu de l'article L335-3 du Code de la Propriété Intellectuelle, rappelle le site des avocats Picovschi.