Gérard Depardieu : "Marine Le Pen n’est pas une menace, c’est une connerie !"

  • A
  • A
Gérard Depardieu : "Marine Le Pen n’est pas une menace, c’est une connerie !"
Gérard Depardieu : "Marine Le Pen est un des dommages collatéraux d’une société qui ne contrôle pas ses nouveaux moyens de communication". @ LOIC VENANCE/AFP
Partagez sur :

Dans une interview au JDD, l'acteur revient sur son nouveau film, sur Donald Trump et sur la France d'aujourd'hui.

"Comme Mammuth, qui dénonçait une perte de la parole et de l’identité liée au chômage, Tour de France est un film politique : il offre l’espoir d’une compréhension et d’une fin de la haine. C’est un voyage initiatique qui réchauffe le cœur". Dans une interview au Journal du dimanche, Gérard Depardieu fait la promotion du nouveau film de Rachid Djaïdani, Tour de France, dans lequel il joue un "vieux réac" obligé de prendre la route avec un jeune rappeur de banlieue.

Ce qui lui a plu dans ce film ? "Que deux hommes, très différents par leurs origines et leurs idées, puissent s’entendre s’ils prennent le temps de se connaître. J’ai été élevé dans une cité d’Algériens, j’ai vu tout ce que la France a fait supporter à ces pauvres gens qui s’étaient battus dans nos armées. J’ai voulu leur rendre leur honneur", défend l'acteur. 

Trump n’est pas un abruti

Dans ce film comme dans Mammuth, "j’ai donné ma voix à la majorité silencieuse, celle qui ferme sa gueule parce que de nombreux malheurs s’abattent sur sa tête. Jusqu’à ce qu’ils l’ouvrent en choisissant Donald Trump comme nouveau président", assure Gérard Depardieu, qui voit d'ailleurs dans le nouveau président américain davantage une source d'incertitude que de menace. "Trump n’est pas un abruti, il dit des choses qui le dépassent. Personne ne sait de quoi il va être capable. Il a l’intention de faire tout le contraire des politiques mises en œuvre par ses prédécesseurs. Mais avaient-elles empêché la pauvreté, les meurtres et les dérives ?". 

Comme son nom l'indique, Tour de France ne parle pas des Etats-Unis. Il parle d'une France contemporaine, de plus en plus séduite par le Front national. "Marine Le Pen n’est pas une menace, c’est une connerie !", tacle Gérard Depardieu à propos de la présidente du FN, candidate à la plus haute fonction de l'Etat. "Elle est un des dommages collatéraux d’une société qui ne contrôle pas ses nouveaux moyens de communication et passe son temps à faire des plans sur la comète", renchérit l'acteur.

L’islam peut amener une paix de l’âme

Plutôt que de "faire des plans sur la comète", Gérard Depardieu préfère, lui, se "mettre à l’écart (de la célébrité) et [se] replonger dans les livres". L'occasion pour lui d'adresser un message en filigrane à une France qui cherche sa voie, et notamment en matière de laïcité. "Je ne suis pas un universitaire. Il y a quinze ans, je mettais très longtemps à venir à bout d’un ouvrage. Il faut dire que j’avais un faible pour les trucs compliqués, comme la Bible ou le Coran, que je relisais plusieurs fois. Comme on le voit dans le film, l’islam peut amener une paix de l’âme et une certaine philosophie. Chacun peut trouver sa foi dans la religion qu’il veut".

Gérard Depardieu arborerait presque la posture du vieux sage. Un vieux-sage ambulant, qui a envie de parcourir le monde. "J’aimerais aller préparer une soupe aux lutteurs de sumo, visiter les écoles de geishas, faire toutes les fêtes juives… Parce que c’est en se surprenant qu’on en apprend un peu plus sur soi-même", confie-t-il. Avant de conclure : "Mon rêve aujourd’hui, c’est d’atteindre une certaine paix, de ne voir que des sourires et des émerveillements".