Dominique Blanc : "J’ai encore énormément envie de jouer"

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La comédienne est à l'affiche du "Petit-Maître corrigé" à la Comédie française jusqu'au 26 avril, une pièce qui n'avait pas été remise en scène depuis... 1734 !

INTERVIEW

Pensionnaire de la Comédie-Française, Dominique Blanc cumule, entre autres récompenses, quatre César et trois Molières qui ornent les marches de son escalier. Une métaphore de sa vie de comédienne. "On monte les escaliers et il arrive de chuter", lance l'artiste dont la carrière n'a finalement été qu'ascendante. Elle s'est confiée sur son parcours dans l'émission Il n'y a pas qu'une vie dans la vie, dimanche sur Europe 1.

Du théâtre en secret. "Le démon de la comédie" l'avait piqué avec régularité, à 10 ans, 15 ans, 18 ans. Mais, grande angoissée, grande timide, elle avait toujours remisé ses envies dans un coin de sa tête. Le lycée achevé, elle quitte Lyon, s'inscrit en école d'architecture, mais aussi, en secret vis-à-vis de ses parents, à un cours de théâtre. "Quand je suis montée sur scène, je me suis sentie chez moi." Forte d'une telle impression, elle choisit le théâtre. Ses parents sont moins enthousiastes. Ils ne lui coupent pas les vivres mais elle doit se débrouiller pour financer ses études.

Elle s'inscrit au Cours Florent et enchaîne les petits boulots : démarcheuse en assurances par téléphone, habilleuse pour les défilés de Sonia Rykiel, modèle pour un peintre japonais qui faisait des copies de Renoir vendues des fortunes dans des supermarchés japonais... jusqu’au jour où le peintre saute sur le modèle et la fait fuir.

Patrice Chéreau, un mentor. Longtemps, et malgré les succès, ses parents sont restés inquiets. Mais, comme une prophétie, ce qu'on lui avait prédit en cours s'est réalisé : elle ne cesse plus de jouer depuis ses trente ans. C'est Patrice Chéreau, "un homme qui était dans une permanente création", qui révèle son talent. Avec lui, elle est Henriette de Nevers dans La reine Margot en 1994, elle obtient son troisième César en 1999 pour Ceux qui l'aiment prendront le train et incarne Phèdre en 2003.

Envies de jouer, de réaliser. Amoureuse du théâtre, elle est à l'affiche jusqu'au 26 avril de la pièce de Marivaux Le Petit-Maître corrigé, jamais joué depuis... 1734. La pièce avait été retirée du répertoire après deux représentations, les aristocrates de l'époque n'aillant que peu apprécié le propos. Un jour, elle se voit enseigner. "Je pense que je vais transmettre mais il me faut un peu de temps encore. J’ai encore énormément envie de jouer." Jouer, mais aussi réaliser, et cette fois, pour le cinéma.