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Cyberharcèlement de Brigitte Macron : jusqu'à six mois de prison pour les accusés

Raphaël Fernandez-Lopez - Mis à jour le . 3 min
Cyberharcèlement de Brigitte Macron : jusqu'à six mois de prison pour les accusés
Cyberharcèlement de Brigitte Macron : jusqu'à six mois de prison pour les accusés AFP / © Bastien Ohier / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Les cyberharceleurs de Brigitte Macron, accusés d'avoir diffusé ou relayé insultes et rumeurs liées à son genre et à son écart d'âge avec le président, ont été condamnés lundi à Paris à des peines allant jusqu'à 6 mois de prison ferme, la plupart écopant de sursis.

La sentence est tombée. Les cyberharceleurs de Brigitte Macron, accusés d'avoir diffusé ou relayé insultes et rumeurs liées à son genre et à son écart d'âge avec le président, ont été condamnés lundi à Paris à des peines allant jusqu'à 6 mois de prison ferme, la plupart écopant de sursis.

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Huit prévenus ont été condamnés à des peines de 4 à 8 mois de prison avec sursis en raison d'une "volonté de nuire à la plaignante", dans des "termes malveillants, dégradants et insultants" sur sa "prétendue pédocriminalité", a détaillé le président du tribunal, Thierry Donnard. La peine de 6 mois de prison ferme a été prononcée contre un des prévenus en raison de son absence à l'audience.

Un prévenu, absent lors de ce procès très médiatisé tenu les 27 et 28 octobre derniers, a été condamné à six mois de prison ferme. Le dernier mis en cause a, lui, échappé à l’incarcération, se voyant infliger un stage de sensibilisation et une amende, sanctions également prononcées à l'encontre de ses neuf co-prévenus.

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Des "instigateurs" sanctionnés plus lourdement

Considérés comme les cyberharceleurs les plus influents, qualifiés d'"instigateurs" par le procureur Hervé Tétier, certains prévenus ont reçu les peines avec sursis les plus lourdes. Huit mois pour l’écrivain Aurélien Poirson-Atlan, alias Zoé Sagan, six mois pour la médium Amandine Roy et le galeriste Bertrand Scholler.

Tous trois se voient également interdire l'utilisation de leurs comptes sur les réseaux sociaux pendant six mois. "L'important, ce sont les stages de prévention et la suspension des comptes", a estimé Me Jean Ennochi, avocat de Brigitte Macron, à l'issue du délibéré.

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L'ensemble des condamnés devra, à ses frais, suivre un stage de sensibilisation au "respect des personnes dans l'espace numérique "et s'acquitter solidairement d'une amende de 10 000 euros.

Seuls deux des dix prévenus, âgés de 41 à 65 ans et originaires de toute la France, étaient présents au moment du délibéré.

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Une rumeur aux conséquences personnelles lourdes

La relation entre Emmanuel Macron, 48 ans, et son épouse Brigitte, 72 ans, rencontrée lorsqu'elle enseignait le théâtre dans son lycée, fait l'objet depuis plusieurs années d'une diffusion massive de fausses informations. Le couple présidentiel a décidé d'y répondre sur le terrain judiciaire, en France comme aux États-Unis.

Absente du procès, Brigitte Macron avait expliqué aux enquêteurs, lors du dépôt de plainte fin août 2024, que la rumeur la présentant comme une femme transgenre avait eu "un très fort retentissement" sur elle et son entourage. Elle rapportait notamment que ses petits-enfants entendaient dire que "leur grand-mère est un homme".

La parole de la Première dame et de ses proches

La veille du délibéré, la Première dame avait pris la parole au JT de 20h00 de TF1. "Moi, je me bats, à longueur de temps. Je veux aider les adolescents à se battre contre le harcèlement. Mais si je ne montre pas l'exemple, ça va être difficile", avait-elle déclaré, avant d'asséner : "On ne touchera pas à ma généalogie, on ne joue pas avec ça".

Devant une salle comble, sa fille Tiphaine Auzière avait confirmé l'impact de cette infox mondiale sur la santé de sa mère, décrite comme "en permanence sur le qui-vive" face à la remise en cause continuelle de son "identité".

À l’origine d’une infox mondiale

Plusieurs prévenus avaient tenté de se défendre en évoquant des publications "satiriques" ou la liberté d’expression, affirmant vouloir révéler une vérité "cachée".

Sur son compte X Zoé Sagan, aujourd'hui suspendu, l'écrivain Aurélien Poirson-Atlan, 41 ans, avait notamment qualifié les 24 ans d’écart entre les époux Macron de "crime sexuel" et de "pédophilie cautionnée par l'État".

Amandine Roy, 51 ans, est à l'origine d'une vidéo virale de quatre heures, publiée en 2021 puis retirée, affirmant que Brigitte Macron n'aurait jamais existé et que son frère Jean-Michel aurait pris son identité après un changement de sexe. Condamnée pour diffamation en première instance en septembre 2024, elle a été relaxée en appel le 10 juillet. La Première dame et son frère se sont pourvus en cassation.

Une propagation internationale

Également absent du procès, le journaliste Xavier Poussard, dont le dossier a été disjoint en raison de sa résidence à Milan, est présenté comme l'un des autres grands instigateurs de cette rumeur. Auteur du livre "Becoming Brigitte", il s'est associé à l'influenceuse américaine Candace Owens, contre laquelle le couple présidentiel a engagé des poursuites aux États-Unis.

La podcasteuse conspirationniste de 36 ans a diffusé une série de vidéos inspirées de l'ouvrage, donnant une ampleur mondiale à cette rumeur transphobe. Plusieurs des prévenus jugés à Paris avaient relayé ses publications, notamment une fausse couverture du magazine Time présentant Brigitte Macron en "homme de l'année".