Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

R5, Twingo, 2CV... Pourquoi les constructeurs automobiles misent sur leurs modèles iconiques convertis à l'électrique ?

La R5 de Renault. [Frank Hoermann / SVEN SIMON / SVEN SIMON / dpa Picture-Alliance via AFP]

Son retour doit être officialisé ce jeudi. Le groupe Stellantis prévoit de relancer la mythique 2 CV mais dans une version 100% électrique et cela à partir de 2028. Ce n'est pas la première fois qu'un constructeur mise sur son passé et adapte un vieux succès à l'électrique. Mais pourquoi ? 

La "Deudeuche" va faire son grand retour. Plus de 30 ans après la sortie de la dernière voiture des usines, le groupe Stellantis doit annoncer une nouvelle version de la célèbre 2 CV dans une version 100% électrique. Une voiture qui devrait arriver sur le marché en 2028. 

Stellantis n'est pas le premier constructeur à réutiliser un nom, un surnom ou des lignes qui ont déjà fait son succès dans le passé. Renault et Fiat par exemple, se sont déjà, eux aussi, engouffrés dans la brèche du "Néo-rétro électrique". 

"On recycle de manière rétro ce qui a fonctionné"

Ce phénomène reprend les principes du "Néo-rétro" apparu à la fin des années 1990 et début des années 2000, quand les constructeurs ont remis au goût du jour des anciens modèles tels que la Coccinelle chez Volkswagen ou encore avec la Mini ou le retour de la Fiat 500. 

À la fin des années 2010 et au début des années 2020, les constructeurs décident de passer à l'électrique pour répondre aux normes en vigueur. Mais apparait alors un problème, comment convaincre les consommateurs d'acheter une voiture électrique ?

Ces derniers décident donc de fouiller dans les cartons et de ressortir des modèles iconiques et de les adapter à l'électrique : "On recycle de manière rétro ce qui a fonctionné. On fait appel à la mémoire collective, à l'émotion en prenant après les codes technologiques actuels", expliquait Guillaume Sicard, directeur général de Renault France, au micro de l'émission "La France bouge" sur Europe 1.

"Il y a un côté madeleine de Proust qui est très prononcé"

Utiliser les modèles déjà connus permet aux consommateurs d'avoir des "points d'ancrage" dans un secteur en pleine transformation et avec chaque jour des nouveaux constructeurs qui se lancent dans l'électrique, explique à Europe 1 Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire Cetelem. Cela "rassure" donc le client qui va acheter quelque chose qu'il connaît déjà. 

De plus, les acheteurs de voiture neuves aujourd'hui ont en moyenne 57 ans et recherchent "les codes du passé remis à jour", selon Guillaume Crunelle, expert automobile au cabinet Deloitte : "Aujourd'hui, quand vous achetez une R5, vous achetez la voiture de vos 20 ans. Il y a un côté madeleine de Proust qui est très prononcé. Quand on regarde la 2 CV, là on va acheter la voiture de son père". 

Les marques, de leur côté, "capitalisent ainsi sur la notoriété et sur l'imaginaire collectif", pour Flavien Neuvy, directeur de l'observatoire Cetelem. C'est aussi une manière pour elles de "gagner du temps", elles ne sont plus obligées de séduire la clientèle, elle connaît déjà le modèle. Le "Néo Rétro", c'est une garantie de vendre des véhicules. 

C'est pour cela que Renault a lancé des modèles électriques de certaines de ses voitures les plus connues comme la R5, sortie à l'origine en 1972, la Renault 4 qui date de 1961, la Clio (1990) et même la Twingo, modèle qui a marqué les années 1990. Mais le "Rétro Néo" est "ouvert à tous les constructeurs qui ont eu des modèles iconiques, c'est une certitude", estime Guillaume Crunelle. 

Ainsi d'autres constructeurs se sont pleinement engagés dans cette voie. Alpine prépare une version électrique de sa célèbre A110, Volkswagen a lancé l'ID. Buzz qui reprend le look du Combi des années 1960, quand Fiat a dévoilé une Grande Panda électrique, qui reprend une des lignes les plus connues de la marque, et Opel une version électrique de son SUV Frontera en 2026.