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Que sont les «pixels de suivi», et pourquoi recevons-nous beaucoup de mails qui en parlent ?

(Illustration). [STR / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Beaucoup de mails ces derniers temps font référence aux "pixels de suivi", une expression encore peu habituelle pour les usagers d'Internet. Ces petits fichiers invisibles intégrés dans des courriels permettent en réalité à l'expéditeur de recevoir tout un tas d'informations. Il est possible néanmoins de s'y opposer, comme le mentionnent de nombreuses entités.

Continuerez-vous d'accepter les "pixels de suivi" dans les mails que vous recevez ? C'est la question qui revient très régulièrement dans les communications dématérialisées ces derniers jours. Si peu d'usagers d'Internet en connaissaient l'existence, la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés) a recommandé en avril dernier aux entités utilisant cette technologie d'informer leurs destinataires et leur proposer d'en refuser l'utilisation.

Un petit fichier invisible glissé dans les courriels

Concrètement, qu'est-ce qu'un "pixel de suivi" ? La Cnil explique qu'il s'agit d'"un petit fichier invisible, intégré dans un courriel (en général une image de 1 pixel par 1 pixel). À l’ouverture du message, celui-ci envoie automatiquement des informations à l’expéditeur".

Ces informations sont multiples. Grâce à ces petits fichiers, l'expéditeur peut savoir pour chaque destinataire si le mail a été ouvert ou non, à quel moment a-t-il été consulté, sur quel type d'appareil et à quel endroit, notamment en se basant sur son adresse IP. C'est un peu le même principe que les fameux cookies présents sur différents sites internet.

Ces pixels de suivi, ou "pixels espion", existent depuis plusieurs années et permettent aux entités d'ajuster leur communication électronique. Par exemple, le groupe Lagardère en a informé les salariés du groupe. "Nous utilisons ces pixels pour adapter la fréquence d’envoi et mesurer la performance et l’ouverture de nos communications. Ces pixels nous permettent de mieux comprendre la manière dont nos emails sont consultés", est-il écrit.

Pourquoi cette multiplication des mails en faisant référence ?

Pourquoi ces courriels s'entassent-ils donc particulièrement ces derniers temps ? Cela tient de la recommandation de la Cnil, publiée le 14 avril 2026. L'autorité de protection des données a établi un délai de trois mois aux entités pour envoyer des courriels informant clairement de l'utilisation de ces pixels de suivi, et de la possibilité de s'y opposer. Ce délai s'est achevé ce mardi 14 juillet, c'est pourquoi de nombreux mails en faisant référence ont été communiqués ces derniers jours. 

Pourquoi cette recommandation est-elle intervenue cette année précisément, et pas avant ? La Cnil affirme que la pratique des pixels espion "soulève des enjeux particuliers dans le contexte d’une messagerie électronique, espace personnel destiné à la consultation de contenus privés, accessible après une procédure d’authentification". Elle confie avoir reçu "un nombre croissant de signalements et de plaintes, qui témoignent d’une plus grande vigilance des personnes sur ces pratiques".