Données personnelles, pubs : que change la mise à jour controversée de Whatsapp ?

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Whatsapp Facebook Instagram 1:40
Facebook aimerait faire de Whatsapp un outil plus commercial en liant l'application aux publicités sur Instagram. © LIONEL BONAVENTURE / AFP
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La mise à jour de Whatsapp apportant de nouvelles fonctionnalités commerciales commence à être déployée samedi. Très controversée, elle lie directement l'application de messagerie à Facebook et Instagram. Il est possible de la refuser mais dans ce cas, Whatsapp sera vidée de l'essentiel de ses fonctionnalités.
DÉCRYPTAGE

Après avoir été repoussée de trois mois, la mise à jour controversée de Whatsapp entre en vigueur progressivement à partir de samedi. L’application de messagerie est sous le feu des critiques depuis plusieurs mois car sa maison-mère, Facebook, aimerait en faire un outil plus commercial. Estimant que la mise à jour a été mal comprise, le réseau social en a décalé la mise en service pour faire de la pédagogie auprès de ses utilisateurs. Cette fois, il faudra choisir entre accepter les nouvelles conditions d'utilisation ou les refuser. Sachant que Facebook a tout fait pour que la seconde option n'en soit pas vraiment une.

Facebook veut rentabiliser Whatsapp

Avant d'aborder ce qui change, un point sur ce qui ne bougera pas une fois la mise à jour installée. Déjà, Whatsapp restera une application de messagerie chiffrée. "Ni WhatsApp ni Facebook ne peuvent voir le contenu que vous partagez avec votre famille et vos amis, ce qui inclut vos messages et appels personnels, le contenu partagé en pièce jointe ou les localisations que vous envoyez. Nous ne conservons pas d'historique des destinataires des messages ou des appels. De plus, WhatsApp ne partage pas vos contacts avec Facebook", précise le réseau social sur son site.

En revanche, la mise à jour va ajouter des fonctionnalités commerciales pour lier Whatsapp aux autres services de Facebook, ce qui implique un partage plus vaste des données personnelles. Par exemple, une publicité sur Instagram pourra afficher un bouton Whatsapp pour que l’internaute puisse contacter le service-client de la marque directement. Il y aura également un système d’achats intégré à la messagerie, comme cela existe déjà sur Instagram ou sur Messenger, qui appartiennent également à Facebook. L'objectif du réseau social est de rentabiliser l'application. À noter que si vous avez un compte Facebook, ces publicités seront ciblées en fonction de vos recherches en ligne. 

En cas de refus, Whatsapp deviendra inutile

Les nouvelles conditions d’utilisation vous seront soumises une fois l’application mise à jour. Si vous n'acceptez pas la première fois, des rappels de plus en plus récurrents vous seront envoyés au fil des jours. Car oui, il est possible de refuser les nouveautés intégrées par Facebook. Dans ce cas, vous pourrez toujours utiliser Whatsapp mais avec des fonctions dégradées. Dans un premier temps, vous n’aurez plus accès à votre liste de discussions. Vous pourrez aussi répondre aux appels mais pas en passer. Pour lire et répondre à un message, il faudra forcément activer les notifications et impérativement passer par elles pour communiquer avec vos contacts. 

Puis, après quelques semaines, même ces fonctions dégradées disparaîtront. "Après quelques semaines de fonctionnement limité, vous ne pourrez plus recevoir d'appels entrants ou de notifications et WhatsApp cessera d'envoyer des messages et des appels sur votre téléphone", précise Facebook. Autrement dit, même si votre compte existera toujours (avec possibilité de télécharger vos archives), l’application deviendra totalement inutile. Le choix offert par Facebook n'en est donc pas vraiment un.

Signal et Telegram en profitent

Des contraintes qui ont conduit beaucoup d’utilisateurs à quitter Whatsapp pour d’autres applications sécurisées comme Signal ou Telegram. Selon une étude menée par le fournisseur de services Internet ExpressVPN, "55% des utilisateurs de WhatsApp disent utiliser l'application beaucoup moins, voire plus du tout, depuis l'annonce des nouvelles conditions d'utilisation". Dans le détail, 29% des utilisateurs français auraient commencé à utiliser davantage Messenger, 18% se tournent vers iMessage (les SMS sécurisés de l'iPhone), 11% vers Telegram et 7% vers Signal.