Un arbre à algues pour absorber le CO2 de l'atmosphère

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Et si on utilisait des algues pour améliorer la qualité de l'air et se débarrasser du dioxyde de carbone présent dans l'atmosphère ? Pour notre chroniqueur Jean-Pierre Montanay, qui s'appuie sur des exemples à Poissy et Toulouse, ce pourrait être l'une des solutions au réchauffement climatique.
EDITO

>> Pour améliorer la qualité de l'air et se débarrasser du CO2 si nocif dans l'atmosphère, les plantes sont d'un grand secours. Parmi elles, une pourrait faire la différence : l'algue, qui allie ses capacités de photosynthèse à une croissance rapide. Jean-Pierre Montanay, qui examine chaque matin sur Europe 1 à quoi pourrait ressembler le monde de demain, s'est penché mardi sur cette solution au réchauffement climatique.

"Bien avant les arbres, il y a des millions d’années, les algues ont été les premiers organismes à développer la photosynthèse. Autrement dit, l'algue capte l'affreux dioxyde de carbone et le transforme en biomasse, donc se développe grâce à lui. Comme l'algue, en plus, a la bonne idée de croître très rapidement, elle absorbe encore plus de CO2. Une bonne nouvelle pour la qualité de l'air. Voila pourquoi Kyanos et Fermentalg, deux startups basées à Toulouse et à Bordeaux, spécialisées dans la culture des algues, parient sur ces micro organismes "fantastiques" pour faire reculer le réchauffement et la pollution de l'air.

Un puits de carbone rempli d'algues fonctionne déjà à Poissy, non loin de Paris, pour nettoyer l’atmosphère en bordure d'une route empruntée tous les jours par 23.000 véhicules, tandis que des arbres à algues vont être installés à Toulouse. Un cylindre de quatre à cinq mètres de haut, rempli d’eau, transparent pour bien voir les algues qui sont à l'intérieur. Le tout sera surmonté de plantes, pour donner un petit côté végétal.

Éco-système ingénieux

Les micro-organismes vont donc littéralement aspirer l'air pollué pour grandir. Le CO2 bien sûr, mais aussi les particules fines... car l'algue est dotée d'une espèce de pot catalytique. Une fois les algues assez grosses, elles seront collectées pour servir d'engrais pour doper la végétation installée autour. Un éco-sytème ingénieux et cercle vertueux, qui capte autant de CO2 qu'une centaine de véritables arbres.

Les premiers cylindres devraient être installés dès le début de l'année 2020 à Toulouse. Les yeux seront alors braqués sur la Ville rose pour savoir si les résultats seront à la hauteur des espérances. À Poissy, le premier bilan du puits de carbone est très encourageant. De grandes villes européennes minées par la pollution au CO2 et pourraient bien, demain, adopter ces arbres "magiques" pour arrêter de suffoquer.

Europe 1
Par Jean-Pierre Montanay