EDF : la mise en service de l'EPR de Flamanville "ne peut être envisagée avant fin 2022"

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EDF doit encore communiquer le "scénario retenu en termes de planning et de coût", suite à ce nouveau retard.
EDF doit encore communiquer le "scénario retenu en termes de planning et de coût", suite à ce nouveau retard. © CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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Initialement prévu pour une mise en service en 2012, ce réacteur nucléaire de nouvelle génération a vu certaines de ses soudures épinglées par l'Autorité de sûreté nucléaire.

La mise en service de l'EPR de Flamanville dans la Manche va être encore retardée d'au moins trois ans, a indiqué vendredi EDF, tout en confirmant ses objectifs financiers pour l'année en cours. L'électricien planche actuellement sur trois scénarios pour réparer des soudures du réacteur de nouvelle génération, qui doivent être reprises à la demande de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

"Le temps qu'il faudra pour préparer la réparation, effectuer la réparation, tester la réparation, faire valider par l'ASN ce que nous avons fait et ensuite remettre l'installation en situation d'être à nouveau testée et préparée pour une mise en service... Ceci nous amène des délais de plus de trois ans", a déclaré le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy. "Donc, nous ne pensons pas qu'une mise en service soit envisageable avant fin 2022", a-t-il poursuivi, lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes.

"Après instruction détaillée des trois scénarios et échanges avec l'ASN, le groupe communiquera dans les prochains mois sur les implications du scénario retenu en termes de planning et de coût", indique EDF dans un communiqué. Le chargement du combustible nucléaire était jusqu'à présent officiellement prévu fin 2019 pour une enveloppe de 10,9 milliards d'euros. Le calendrier et les coûts ont déjà dérapé à de multiples reprises.

Des résultats à la hausse

EDF a par ailleurs annoncé un bénéfice net en hausse de 44,7% à 2,5 milliards d'euros au premier semestre, porté par la valorisation de son portefeuille d'actifs dédiés pour couvrir les frais de démantèlement et de gestion des déchets. Hors ces éléments financiers, le résultat net courant s'inscrit en baisse de 19,4% à 1,4 milliard d'euros, avec une chute de la production hydraulique en France ainsi qu'un recul du nucléaire britannique. L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) est pour sa part quasi stable (+0,1%) à 8,3 milliards sur une base organique.

"Les résultats du premier semestre 2019 sont conformes à nos prévisions", a commenté Jean-Bernard Lévy. "A ce stade, nous confirmons intégralement les objectifs que nous nous sommes fixés pour 2019 en début d'année", a-t-il ajouté, avec notamment un Ebitda attendu entre 16,0 et 16,7 milliards. "La publication d'aujourd'hui, avec la confirmation par l'entreprise de la fourchette pour son objectif d'Ebitda annuel, en dépit d'une baisse de presque 30% de la production hydraulique en France et de différents problèmes au Royaume-Uni, devrait être accompagnée d'un soupir de soulagement des investisseurs", ont jugé les analystes de Jefferies dans une note.

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