Des smartphones de plus en plus chers à cause d'une pénurie de composants

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Le prix des composants a explosé ces derniers mois. © Nicolas ASFOURI / AFP
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Les constructeurs font face à une pénurie de composants, notamment de mémoire, dont les prix sont en forte hausse. Ce qui les contraint à répercuter cette hausse sur le prix de leurs smartphones.

20 euros par ci, 50 euros par là... Peut-être l'avez vous constaté dans les rayons ces dernières semaines, le prix des nouveaux smartphones est en hausse. Pour les constructeurs, il ne s'agit pas tant d'augmenter leurs marges que de contenir la forte hausse du prix des composants utilisés dans les smartphones, les ordinateurs ou encore les consoles de jeux vidéo. "C'est devenu particulièrement compliqué, avec la mémoire notamment", explique à Europe 1 le responsable d'un grand groupe de téléphonie. Selon une estimation du cabinet Deloitte, le prix du stockage a été multiplié par quatre au cours des deux dernières années.

La mémoire, poste de dépense important

La mémoire est un poste de dépense important pour les constructeurs. Sur le Galaxy Note 8 de Samsung par exemple, elle arrive en troisième position derrière l'écran et le processeur. Les 64Go intégrés dans le téléphone coûteraient plus de 40 dollars à Samsung (41,5 dollars), soit environ 34 euros. "Sur un an, le prix des composants n'a pas baissé, au contraire. Si vous ajoutez de nouvelles fonctionnalités à votre produit, il coûte forcément plus cher", résume un constructeur. C'est notamment ce qui explique la hausse de 50 euros du prix des nouveaux téléphones haut de gamme de Samsung. Quand le Galaxy S8 était commercialisé 809 euros en avril 2017, le Galaxy S9 le sera pour 859 euros en mars. 

Cette hausse du prix des composants s'explique par la forte augmentation de la demande. "Il y a de plus en plus de produits qui utilisent de la mémoire", résumé Ulrich Rozier, éditeur du site spécialisé Numerama. En plus des fabricants de smartphones, les constructeurs automobiles ou d'objets connectés consomment aussi de plus en plus de mémoire. "Une voiture semi-autonome a besoin de mémoire", explique Ulrich Rozier. Dans le même temps, la production de mémoire, elle, a diminué. "Certains phénomènes naturels exceptionnels en Asie - où la majorité des composants sont produits - comme la catastrophe de Fukushima au Japon ont impacté la production de mémoire", indique-t-il. Enfin, le tout est exacerbé par la capacité de mémoire de plus en plus importante des smartphones. Avec la multiplication des photos et des vidéos très haute définition, rares sont les téléphones haut de gamme a intégrer moins de 64Go de stockage. Il y a deux ans, ils plafonnaient généralement à 16Go.

Garder un prix acceptable

La situation est également compliquée sur les écrans OLED, utilisés sur les smartphones de Samsung, d'Apple et de LG. Peu de fabricants maîtrisant la production de ce type d'écran  - qui permettent notamment d'offrir un meilleur taux de contraste et des couleurs plus vives -, la demande dépasse régulièrement l'offre. Une situation qui a pour conséquence de faire monter les enchères. "Ce marché est très tendu. La production mondiale ne suffit pas à satisfaire la demande", confirmait Duncan Stewart, directeur de recherche Technology, média et télécommunications (TMT) chez Deloitte, au Figaro.

Reste que les constructeurs ne peuvent pas répercuter ces hausses mécaniquement, et ce afin de que le prix des smartphones reste raisonnable. D'après l'estimation du cabinet IHS Markit, le coût de fabrication du Galaxy Note 8 est en hausse de 22% par rapport au modèle précédent, le Galaxy Note 7, à 307,50 dollars (environ 250 euros). Et même si le prix du Galaxy Note 8 est plus important que celui de son prédécesseur, Samsung n'a pas augmenté ses tarifs de 22%. "Nous avons conscience du fait qu'il y a un prix limite acceptable et nous faisons tout pour rester en dessous", a expliqué DJ Koh, vice-président de la division mobile de Samsung dans une interview. Reste à savoir combien de temps une telle régulation sera tenable. Le prix des composants ne devrait en effet pas baisser dans l'immédiat.