Toujours en lice au Grand Smash de Chine cette semaine, les frères Lebrun s'apprêtent à devoir gérer un enchaînement complexe, puisqu'ils ont rendez-vous à Ljubljana (Slovénie) dans seulement quelques jours, pour disputer les championnats d'Europe. Nouvelle anomalie d'un calendrier qui ne cesse de faire polémique.
"Un mal pour un bien". Voici, paradoxalement, comment Félix Lebrun a eu tendance à considérer son forfait pour le Champions de Macao (l'équivalent d'un Masters 1000 de tennis), le mois dernier. Le pongiste montpelliérain, blessé à la hanche, avait dû renoncer à un tournoi qui aurait pu lui permettre d'accéder à la 1ère place mondiale.
"Je pense que c'est un signal envoyé par mon corps, comme quoi j'avais déjà bien tiré dessus [...] On est aussi à la moitié de l'Olympiade (la période entre deux éditions des Jeux olympiques, ndlr), donc ce n’est pas si mal d'avoir eu une coupure, parce qu'on sait qu'on ne va pas beaucoup en avoir ces prochains mois", assure-t-il.
Sans voir aussi loin, le double médaillé de bronze olympique s'apprête, comme les meilleurs joueurs européens, à vivre une fin de saison pour le moins... chargée.
"Ce n'est pas idéal, voire catastrophique"
Tête de série n°1 au Grand Smash de Chine, l'un des quatre tournois majeurs du circuit, ce dernier pourrait disputer la finale dimanche, s'il tient son rang, avant d'enchaîner aux championnats d'Europe dès mardi, à Ljubljana (Slovénie). Soit 48 heures pour voyager entre deux continents, récupérer du décalage horaire et s'adapter aux conditions de jeu, toujours changeantes d'une salle à une autre.
"C'est sûr que ce n'est pas idéal, voire catastrophique. Mais malheureusement, on n'a pas les cartes en main pour décider de ça", concède son frère Alexis, qui insiste sur la nécessité de savoir "s'adapter" pour monter en puissance et développer son meilleur "ping" lors des grandes échéances, dont font clairement partie les "Europe".
Le 8e mondial a ainsi enchaîné des compétitions sur trois continents cet été (Amérique du Sud, Asie, Europe) en l'espace de... 15 jours. Un enchaînement souhaité par son staff, pour construire une "base assez solide" du point de vue de sa résistance à la table. "J'ai retiré de cette expérience pas mal de confiance, sur le fait qu'en faisant les bonnes choses, mon corps était capable d'encaisser des grosses charges d'entraînement et de compétition", se réjouit l'aîné des frères Lebrun.
Un décalage horaire moins violent que d'autres
Entraîner le corps, mais aussi l'esprit à encaisser ces charges démentielles, en acceptant notamment que cela va être "un peu plus dur de bouger et d'être très rapide à la table" lors des premiers jours, voici quelques-unes des clés privilégiées par ces derniers, pour conserver un niveau de performance élevé.
En dehors de l'aire de jeu, par exemple sur le sommeil, Alexis Lebrun confie par ailleurs qu'il "n'a pas de méthode" particulière. "Je sais que des joueurs prennent de la mélatonine mais moi, je n’en prends pas. Après, je suis quelqu'un qui dort bien de base, donc j'arrive assez vite à m'endormir", ajoute-t-il. Son frère rappelle, lui, que le retour de Chine en Europe est plus facile à appréhender que d'autres, car "on est réveillé tôt, on se couche tôt mais en général, on dort quand même".
Il vaudra mieux y parvenir, pour espérer conserver les couronnes européennes acquises ensemble en double, puis par Alexis en simple, il y a deux ans à Linz (Autriche). Un défi qui ne semble pas trop grand pour les deux prodiges du tennis de table tricolore, malgré l'incongruité du calendrier. Ils ne sont plus à un exploit près.