Tour de France : La Planche des Belles Filles, "une montée atypique"

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"Quand le vainqueur sortira de la rampe qui mène à la ligne, le public, depuis la ligne d'arrivée, verra apparaître d'abord un casque, puis des lunettes, puis un visage. Ce sera beau."
"Quand le vainqueur sortira de la rampe qui mène à la ligne, le public, depuis la ligne d'arrivée, verra apparaître d'abord un casque, puis des lunettes, puis un visage. Ce sera beau." © Jeff PACHOUD / AFP
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Les choses sérieuses commencent jeudi dans le Tour de France, avec l'ascension finale vers La Planche des Belles Filles.
ANALYSE

Elle n'a pas encore l'historique des grands cols des Alpes et des Pyrénées, mais l'ascension de La Planche des Belles Filles, près de Belfort, est déjà, après seulement trois passages dans le Tour, l'un des classiques de l'épreuve. Et cela, la montée vers la station de la Haute-Saône (7 km à 8,7%) le doit à sa programmation souvent précoce dans la course mais aussi à sa topographie originale.

L'équipe Groupama-FDJ a publié une vidéo de présentation de la montée… :

"Ce n'est pas de la haute montagne en termes d'altitude, mais c'est atypique comme montée", a relevé dans Le Club Tour notre consultant Thomas Voeckler, qui s'est retrouvé plusieurs fois échappé sur ses lacets lors des précédents passages sur le Tour (2012, 2014 et 2017). "La route est large au début, avec des pourcentages à 13%, puis ensuite, elle n'est plus si dure que ça (2ème km à 6,7%), puis c'est de plus en plus dur, et c'est extrêmement dur sur la fin (avec un passage à 20%). Et puis, il y a ce dernier dernier kilomètre qui a été rajouté, avec un passage à 24% et une route qui a été bitumée pour l'occasion."

Un passage à 24%

En effet, afin de corser encore un peu plus la montée, l'organisation a ajouté à la montée un dernier kilomètre, qui emprunte des portions gravillonnés, à 9,5% de moyenne, avec même une pointe à… 24%. "Quand le vainqueur sortira de la rampe qui mène à la ligne, le public, depuis la ligne d'arrivée, verra apparaître d'abord un casque, puis des lunettes, puis un visage. Ce sera beau", s'enthousiasme d'avance le directeur de course, Thierry Gouvenou.

Mais quel visage ? Une chose est certaine, depuis son arrivée sur le Tour en 2012, La Planche des Belles Filles a souri aux plus grands. En 2012, Chris Froome y avait écrit le premier chapitre de son histoire avec le Tour. Deux ans plus tard, Vincenzo Nibali y avait gagné en solitaire, signant là l'acte fondateur de son seul succès sur le Tour. Enfin, en 2017, c'est un autre Italien, Fabio Aru, qui l'avait emporté. Trois coureurs, que des vainqueurs de grand Tour.

Et ce fait aussi : chaque coureur qui a endossé le Maillot jaune après La Planche a gagné le Tour dans la foulée (Bradley Wiggins en 2012, Nibali en 2014 et Christopher Froome en 2017). Les favoris auront peut-être cette donnée en tête jeudi.

Six difficultés avant La Planche…

Pour autant, Thomas Voeckler pense que Julian Alaphilippe, qui possède 25 secondes d'avance au classement général sur le premier des favoris, le Néerlandais Steven Kruijswijk (Jumbo-Visma), à l'entame de cette 6ème étape, peut garder le Maillot jaune. "Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est qu'on ne sera qu'au bout de cinq jours de Tour de France, et que les coureurs ne seront pas dans le même état de fatigue qu'ils seront dans le col de l'Iseran par exemple (lors de la 19ème étape, en troisième semaine), c'est ce qui me fait croire que Julian Alaphilippe va garder le Maillot demain (jeudi). Pour moi, les équipes de leaders vont vouloir les amener en sécurité au pied de La Planche des Belles Filles, sans tenter quelque chose auparavant."

Car oui, il n'y a pas que La Planche au menu ce jeudi. Les coureurs devront en effet franchir six autres difficultés avant, dont deux de 1ère catégorie et deux de 2ème catégorie, et notamment le col des Chevrères (3,5 km à 9,5%,  à 19 km de l'arrivée), au sommet duquel seront distribuées des secondes de bonifications. On ne sait pas s'il y aura une grande bagarre ce jeudi entre les prétendants à la victoire finale dans le Tour, mais en tout cas, l'organisation a tout fait pour…