A 35 ans et à seulement 15 jours des Jeux olympiques de Milan-Cortina, le Français Maxence Muzaton a créé l'énorme surprise en arrachant la troisième place ce samedi sur la mythique descente de Kitzbühel, en Autriche. Pour son premier podium sur cette épreuve. Il est devancé par le favori suisse Marco Odermatt et Giovanni Franzoni qui a survolé la course.
Et si la sélection pour les Jeux olympiques était relancée ? À 35 ans, Maxence Muzaton, qui n’avait encore jamais fait mieux qu’une cinquième place en descente, s’est adjugé la troisième place sur la mythique descente autrichienne de Kitzbühel, décrochant ainsi son premier podium sur une épreuve de vitesse.
Parti avec le dossard numéro 29, le natif d’Épernay a pu compter sur un départ d’anthologie, qui lui a permis de prendre de l’avance sur ses poursuivants, avant de résister en fin de parcours pour s’offrir le deuxième podium de Coupe du monde de sa carrière. À l’arrivée, seuls Giovanni Franzoni, vainqueur, et Marco Odermatt ont fait mieux.
"Je ne me suis pas posé de questions"
Auteur de la meilleure course de sa carrière, le Savoyard a joué le coup à fond : "Je ne me suis pas posé de questions. J’étais un outsider, je n’avais pas vraiment de pression. Je me suis dit balance-toi, on verra bien. Je suis hyper content", se réjouit-il au micro d’Eurosport.
Toutefois, bien qu’outsider au départ de la descente, le Français, conscient de ses qualités, avait entrevu une fenêtre de tir afin d’être présent là où personne ne l’attendait : "J’ai rarement fait d’aussi bons entraînements et je savais que, si je ne faisais pas n’importe quoi, il y avait quelque chose à faire", déclare-t-il selon la même source.
Porté par l’atmosphère et l’ambiance qu’offre cette piste mythique du circuit mondial, Maxence Muzaton a ainsi pu déployer son ski sans se poser de questions, relâché, malgré la boule au ventre qui l’accompagne à chacun de ses départs.
Un podium très attendu
Déjà cinquième à deux reprises, dont la saison passée lors de la victoire de Cyprien Sarrazin, le skieur français a toutefois franchi un cap cette année, dépassant ses limites pour aller décrocher ce podium historique, qu’il poursuivait depuis sa deuxième place lors du super-combiné de Wengen en 2017, où seul Nils Hintermann avait fait mieux.
Champion du monde junior de super-G en 2010, il retrouve ainsi les sommets seize ans plus tard, à 35 ans, sans renier son style et en s’appuyant sur ses points forts, notamment son départ, qui lui a permis de faire la différence face aux autres concurrents.
La sélection pour les jeux relancée ?
À seulement quinze jours de l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina, Maxence Muzaton vient peut-être, grâce à sa performance, de rebattre les cartes quant à l’identité des skieurs tricolores qui représenteront la France du 6 au 22 février.
Alors qu’ils étaient dix à avoir fait le voyage à Tokyo en 2022, la Fédération française de ski (FFS) doit communiquer lundi une liste de seulement sept noms de sélectionnés pour participer aux Jeux. Un quota restreint, déterminé à partir d’un calcul lié aux performances réalisées par les Français depuis 2024, qui laisse de nombreux athlètes sur la touche.
Ainsi, concernant les épreuves de vitesse (super-G et descente), Maxence Muzaton a peut-être rebattu les cartes au dernier moment avec sa 3e place, la meilleure performance d’un Français cette saison.