Rugby : le "Top 14 menacé de disparition", Paul Goze lance un appel à l’aide à l’Etat

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Le président de la LNR Paul Goze, ici à côté du président de la République Emmanuel Macron, appelle l'Etat à l'aide. 4:24
Le président de la LNR Paul Goze, ici à côté du président de la République Emmanuel Macron, appelle l'Etat à l'aide. © AFP
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Très rare dans les médias ces derniers temps, le président de la Ligue nationale de rugby Paul Goze s’est entretenu en exclusivité au micro d’Axel May, sur Europe 1. Et il demande l’aide de l’Etat pour maintenir en vie le rugby professionnel, durement touché par la crise du Covid-19.
EXCLUSIF

Il a fallu courir après le président de la Ligue nationale de rugby (LNR) Paul Goze, car ce dernier est resté assez discret depuis le début de la crise du Covid-19. Il s’est exprimé un peu dans la presse écrite, mais pour la radio, il a choisi Europe 1. Et notamment pour évoquer l’arrêt des compétitions depuis le mois de mars.

Le rugby est particulièrement impacté : le Top 14 s’est arrêté à la 17e journée, or l’ovalie est très dépendante de la billetterie et du sponsoring. En cas de huis clos ou de public très limité, Paul Goze réclame des aides de la part de l’Etat. "Il est impératif que l’Etat aide le rugby professionnel, sinon il serait menacé de disparition, ou tout du moins plusieurs clubs risqueraient de déposer le bilan s’il n’y a pas une aide très forte", prévient le patron du rugby professionnel français.

Goze réclame l’exonération de charges et un fond de soutien

Et Paul Goze tire la sonnette d’alarme, car "65% de l’économie des clubs est fondée sur la billetterie et les hospitalités des jours de match". C’est pourquoi il réclame sur Europe 1 "une exonération de charges jusqu’au 31 décembre 2021", ajoutant : "Si le huis clos venait à se prolonger au-delà du 31 décembre 2020, il faudrait, en plus de cette exonération des charges, créer un fond de soutien au rugby par l’Etat. Si on a six mois de huis clos, pour compenser les produits que nous perdons, il faut en effet aller jusqu’à décembre 2021. 18 mois de charges correspondent à 6 mois de rugby sans produit."

Une perte estimée à "150 millions d'euros" pour le rugby pro

Il chiffre la perte pour le rugby professionnel, si les matches se disputent sans public jusqu’à la fin de l’année, "aux alentours de "150 millions d’euros". "J’espère que ça n’arrivera pas, mais on a voulu sensibiliser l’Etat car nous, les droits TV, ne représentent que 20% de nos revenus. Nos rentrées principales se font les jours de match, c’est une économie particulière." Autre proposition, la baisse des salaires : "Si on prend en Top 14 les salaires moyen, ils tournent autour de 20.000 euros. Il faudrait une baisse de salaire de 20 à 30% pour permettre aux clubs qui auraient des baisses du même ordre de pouvoir supporter ces baisses de revenus. La masse salariale d’un club, ça représente 60% de ses charges."

Car les finances des clubs français ne sont pas au mieux : "A l’arrêté des comptes au 30 juin 2020, elles seront orange sanguine, pour prendre une expression médiane entre l’orange et le rouge. Les comptes seront altérés, mais encore acceptables compte tenu des aides de l’Etat avec le chômage partiel et les prêts garantis par l’Etat. Les bilans sont donc orange teintés de rouge." La LNR a par ailleurs fait un emprunt de 15 millions d’euros pour soutenir les équipes professionnelles.

La saison 2020-2021, crainte majeure

L’inquiétude reste tout de même très importante pour la saison prochaine. "Pour deux raisons : les clubs vont être impactés selon le taux de remplissage du stade, et même si nous reprenons avec du public, la billetterie serait impactée à hauteur de 20%. Nos partenaires aussi au sein de nos clubs, qui sont des PME, TPE locales, très impliqués dans nos clubs, sont également très impactés. Ils auront sûrement des budgets communication à la baisse et ça se répercutera sur nos clubs."

Pour rappel, la LNR a acté l'arrêt du championnat, sans toutefois se prononcer sur les modalités, que ce soit une saison blanche ou la désignation d'un champion, de clubs relégués et promus. Pour l'heure, la saison blanche semble tenir la corde, sans montées ni descentes.

Europe 1
Par Axel May, édité par Julien Froment