Réforme de la Coupe Davis : "On perd quelque chose d'unique, c'est de pouvoir jouer à la maison", déplore Yannick Noah

, modifié à
  • A
  • A
Yannick Noah est l'invité de l'émission "Face aux auditeurs", dimanche sur Europe 1
Yannick Noah est l'invité de l'émission "Face aux auditeurs", dimanche sur Europe 1 © Europe 1
Partagez sur :
Invité de l'émission "Face aux auditeurs", sur Europe 1, l'ancien capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis revient sur son opposition à la réforme de la compétition. 
FACE AUX AUDITEURS

"Maintenant pour moi c'est fini, c'est le passé", répond Yannick Noah lorsqu'on l'interroge sur la Coupe Davis, qu'il a remportée à deux reprises à domicile en tant qu'entraîneur, en 1991 à Lyon et en 2017 à Lille. Évoquant "les plus belles émotions de (sa) vie" dans l'émission Face aux auditeurs, sur Europe 1, l'ancien tennisman réexplique son opposition à la réforme de la compétition, entérinée en 2018 et qui se dispute désormais dans une seule ville

>>> FACE AUX AUDITEURS - Écoutez Yannick Noah sur Europe 1, dimanche de 20 heures à 21 heures

"Quand j'ai joué la finale de ma vie, j'étais à Paris"

"Pourquoi fait-on ce métier ? C'est pour pouvoir, au moment de la balle de match, regarder les gens heureux qui chantent et qui pleurent", pose Yannick Noah. "C'est pour ça que tu te réveilles tous les matins, que tu vas t'entraîner, que des fois tu te fais mal au corps et à la tête et que tu sacrifies tout, pour pouvoir vivre ces moments. Et quand tu les vis chez toi, c'est merveilleux." 

Le champion sait de quoi il parle et illustre : "Il se trouve que mon moment de gloire à moi (sa victoire à Roland-Garros, en 1983, ndlr), je l'ai vécu à Paris. Quand j'ai joué la finale de ma vie, j'étais à Paris. C'était à la maison. Ce moment-là je l'aurais vécu à New York, à l'US Open, ça n'aurait rien eu à voir. Mon père n'aurait pas eu la possibilité de sauter ! C'est trop haut, il y aurait eu la police !"

"J'ai été ramasseur de balles, c'était merveilleux"

"Bien jouer au tennis à Madrid, à Lyon ou à Singapour et gagner de l'argent, c'est tant mieux pour les joueurs", déroule Yannick Noah.  "Mais on perd quelque chose d'unique, c'est de pouvoir jouer à la maison. Ça n'a pas de prix ça. Ça me rend fou. Quand on joue à la maison, les gamins, les petits fans de tennis, peuvent nous côtoyer à l'entraînement, en dehors des matches, c'est un rêve. Moi j'ai été ramasseur de balles, c'était merveilleux."

Et l'ancien tennisman de tacler : "Les gens de l'ITF (la fédération internationale de tennis, ndlr), les gens des fédés, ils ne voient pas ça, parce que pour la plupart ils n'ont jamais joué au tennis.... J'étais contre (la réforme, ndlr), mais voilà, l'argent est roi. On trouvera d'autres moyens de partager avec les enfants."