Incarcéré en Tunisie depuis plus de deux ans, le journaliste franco-tunisien Mourad Zeghidi a entamé une grève de la faim pour dénoncer sa détention. Sa famille, ses avocates et l'UJSF alertent sur l'urgence de sa situation et réclament sa libération immédiate.
Lors de son intervention au sujet de l'accréditation symbolique accordée à Christophe Gleizes, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a affirmé que le journaliste de So Foot était "le seul journaliste sportif emprisonné dans le monde". Une déclaration inexacte.
Un autre journaliste français est actuellement détenu : Mourad Zeghidi. Ancien commentateur de Canal+, il est emprisonné en Tunisie depuis plus de deux ans. Accusé d'avoir tenu des propos jugés hostiles au pouvoir sur des médias tunisiens, il avait été arrêté puis condamné en mai 2024 à trois ans et demi de prison.
Une situation "d'une extrême gravité"
La semaine dernière, il a entamé une grève de la faim pour protester contre sa détention. Une décision qui suscite une vive inquiétude chez ses proches, mais aussi au sein de l'Union des journalistes de sport en France (UJSF), qui espère une issue rapide et la libération de son confrère.
Dans un communiqué publié lundi, les avocates parisiennes de la famille, Mes Louise El Yafi et Inès Davau, ont tiré la sonnette d'alarme concernant l'état du journaliste franco-tunisien.
Selon elles, cette grève de la faim "traduit l'impasse dans laquelle se trouve aujourd'hui Mourad Zeghidi" et vise "à dénoncer plus de deux années de privation de liberté en raison de l'exercice de son activité de journaliste".
Les deux avocates estiment que le journaliste est détenu en raison de son travail et dénoncent une situation particulièrement préoccupante pour la liberté de la presse.
Une condamnation confirmée en appel
Mi-mai, la cour d'appel de Tunis a confirmé la peine de trois ans et demi de prison prononcée contre Mourad Zeghidi et le journaliste Borhen Bsaies. Cette procédure avait été qualifiée de "harcèlement judiciaire" par Reporters sans frontières.
Les deux chroniqueurs avaient été incarcérés en mai 2024 à la suite de déclarations à la radio et à la télévision considérées comme critiques à l'égard du président tunisien Kaïs Saïed.
Alors qu'ils devaient pouvoir être libérés en janvier 2025 après avoir purgé huit mois de détention, de nouvelles poursuites pour de présumées malversations financières avaient été engagées. Ces accusations ont conduit à une nouvelle condamnation, elle aussi confirmée en appel.
Des appels à une mobilisation immédiate
Dans leur communiqué, Mes El Yafi et Davau dénoncent une situation dans laquelle "l'apparence de la procédure judiciaire sert, en réalité, à prolonger la privation de liberté d'un journaliste et à neutraliser l'exercice d'une parole indépendante".
La famille de Mourad Zeghidi appelle les autorités tunisiennes à mettre fin à sa détention et à procéder à sa "libération immédiate". Elle demande également à la France de se mobiliser "sans délai et avec la plus grande fermeté" en faveur du journaliste.
Ses proches invitent enfin les organisations de défense des journalistes, les médias ainsi que l'ensemble des défenseurs des droits humains à se mobiliser rapidement pour obtenir sa libération.