La famille du journaliste Christophe Gleizes, détenu en Algérie, regrette le manque d'implication des grandes stars du football français sollicitées pour intervenir en sa faveur, malgré le début du Mondial. Condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme", il espère une grâce présidentielle.
La famille du journaliste sportif français Christophe Gleizes, détenu en Algérie, regrette le manque d’implication des grandes figures du football français sollicitées pour soutenir sa libération. Alors que la Coupe du monde débute, elle affirme avoir contacté plusieurs stars, dont Kylian Mbappé, Karim Benzema et Zinedine Zidane, sans obtenir de prise de position publique.
Invités de l’émission C dans l’air sur France 5, sa mère et son beau-père assurent que les messages ont bien été reçus, mais qu’aucune mobilisation concrète n’a suivi. Ils disent comprendre le contexte du Mondial, tout en exprimant une forme de déception face à l’absence de relais médiatique ou officiel de ces personnalités.
Une mobilisation qui s'organise dans le monde du football
Malgré ce constat, le soutien institutionnel se structure progressivement. La Fédération française de football, la Ligue de football professionnel et plusieurs clubs ont déjà pris position en faveur du journaliste.
Dans le même temps, la FIFA a accordé une accréditation symbolique à Christophe Gleizes pour la Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Portée par Reporters sans frontières (RSF) et soutenue par l’Union des journalistes de sport en France (UJSF), cette initiative permet au journaliste d’être officiellement associé à la couverture du tournoi pour So Foot, depuis sa cellule.
Une accréditation symbolique pour maintenir la pression
Ce dispositif, purement symbolique, vise à maintenir la visibilité du dossier et la pression sur les autorités algériennes. Il rappelle aussi l’absence du journaliste dans les stades, malgré son métier.
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a lui-même évoqué publiquement son espoir d’une grâce présidentielle, soulignant la "chaise vide" laissée par Christophe Gleizes dans les tribunes du Mondial.
Une situation judiciaire verrouillée, en attente d’une grâce présidentielle
Christophe Gleizes a été arrêté en mai 2024 en Algérie, à Tizi Ouzou, lors d’un reportage sur la JS Kabylie. Il a d’abord été placé sous contrôle judiciaire, avant d’être condamné en juin 2025 à sept ans de prison ferme pour "apologie du terrorisme" et "possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national". Sa peine a été confirmée en appel.
Après le rejet des derniers recours judiciaires, sa situation est désormais suspendue à une éventuelle grâce présidentielle. Ses proches et plusieurs organisations, dont RSF, appellent le président algérien Abdelmadjid Tebboune à intervenir pour un dénouement rapide et humain.