Mort d'Emiliano Sala : un rapport détaille les dernières minutes du vol

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L'avion qui transportait Emiliano Sala s'est abîmé dans la Manche.
L'avion qui transportait Emiliano Sala s'est abîmé dans la Manche. © HO / AAIB / AFP
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Le bureau d'enquête britannique sur les accidents aériens (AAIB) a publié un premier rapport d'enquête sur le crash de l'avion qui a entraîné la mort du footballeur Emiliano Sala. 

L'enquête sur la mort d'Emiliano Sala livre ses premières conclusions. Le bureau d'enquête britannique sur les accidents aériens (AAIB) a publié lundi un premier rapport sur le crash de l'avion qui transportait le footballeur argentin, et qui s'est abîmé dans la Manche le 21 janvier dernier. Ces premiers éléments établissent notamment le trajet de l'appareil lors des dernières minutes de vol, ainsi que des informations sur le pilote, David Ibbotson. 

L'avion n'était pas autorisé pour des vols commerciaux. Les enquêteurs révèlent que l'avion qui a servi à transporter l'ancien attaquant FC Nantes n'était pas autorisé à opérer des vols commerciaux. "Aucune preuve ne montre qu'une telle autorisation ait été réclamée ou accordée", selon le bureau d'enquête britannique. "La base sur laquelle le passager (Emiliano Sala) était transporté n'a pas encore été établie", ajoutent-ils.

Le pilote disposait bien d'une licence. Les enquêteurs précisent que David Ibbotson, le pilote, avait déjà transporté d'autres passagers sur la base d'un "partage des coûts", autorisée par la réglementation. Dans ce cas, la réglementation américaine impose que le pilote "ne paie pas moins" que la part des dépenses établie "au pro rata" du nombre de personnes à bord, soit en l'occurrence au moins la moitié des frais occasionnés par le vol. Dans tous les cas, l'AAIB rappelle que le pilote et le passager devaient partager un "objectif commun" pour le vol. "Le vol ne doit pas être fait dans le seul but de transporter le passager", affirment-ils.

Enfin, les enquêteurs soulignent que David Ibbotson disposait d'une licence de pilote établie par l'agence européenne de la sécurité aérienne. Une telle licence ne contient pas forcément une autorisation pour voler de nuit mais l'AAIB n'est pas en mesure d'affirmer si David Ibbotson disposait ou non de cette autorisation. L'avion avait décollé de Nantes à 19h15. "On estime que la licence et le registre du pilote ont été perdus avec l'avion", écrivent les enquêteurs.

Une descente brutale dans les dernières minutes de vol. Ce rapport de seize pages détaille également les dernières minutes du vol avant la drame. L'appareil, un Piper Malibu, avait entamé une manœuvre de descente, passant de 4.400 pieds à 20h15 (environ 1.300 mètres) à 3.900 pieds à 20h16 et 12 secondes (moins de 1.200 mètres). Il est brutalement tombé à 1.600 pieds quelques secondes plus tard (soit moins de 500 mètres), avant de remonter à 2.300 pieds à 20h16 et 34 secondes (700 mètres), selon les dernières données enregistrées par les radars. 

Les vidéos prises par un robot au fond de la mer montrent l'avion "lourdement endommagé", décomposé en trois parties "maintenues ensemble par des câbles électriques et des câbles de contrôle". L'avion ne disposait pas de boîtes noires, comme le lui permettait la réglementation. 

Pas de conclusions liées à la météo. Selon les données du Met Office, le service public britannique de prévisions météorologiques, "l'altitude de gel se situait entre 3.000 et 4.000 pieds (914 et 1.220 mètres) au-dessus du niveau de la mer", précise l'AAIB. Les données météorologiques montrent aussi, à 20h15, "une bande d'averses, parfois fortes, traversant la zone de vol", soulignent les enquêteurs, sans en tirer de conclusion. De nombreuses zones d'ombre persistent toujours, et les investigations se poursuivent. 

Le corps d'Emiliano Sala avait été retrouvé à bord de l'épave de l'avion et récupéré le 7 février. Le pilote David Ibbotson, lui, demeure disparu.