Le handisport, trop rare à la télé : pour Michaël Jérémiasz, les diffuseurs "sont en décalage avec la réalité"

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Michaël Jérémiasz, champion paralympique de tennis en fauteuil, a regretté dans "Le Club de l'été" sur Europe 1 que le handisport soit si peu diffusé à la télévision, en dépit des bonnes audiences qu'il pourrait réaliser.
INTERVIEW

"On ne diffuse pas assez le handisport à la télévision". Le constat n'a malheureusement pas changé pour Michaël Jérémiasz. Paraplégique suite à un accident de ski à l'âge de 18 ans, ce tennisman possède un palmarès impressionnant : sept tournois du Grand chelem en double, quatre médailles aux Jeux paralympiques, dont l'or à Pékin en 2008, numéro 1 mondial en simple et en double en 2005, puis porte-drapeau de la délégation française lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux paralympiques de Rio en 2016. Mais malgré les résultats de grands athlètes comme lui, les diffuseurs restent frileux lorsqu'il s'agit de mettre à la télévision des compétitions handisportives.

Une vraie attractivité. Pour Michaël Jérémiasz, invité du Club de l'été sur Europe 1 jeudi, ce qui freine les chaînes de télévision, c'est avant tout "la peur". "Les diffuseurs restent dans leur zone de confort", déplore-t-il sur notre antenne. "C'est aussi être en décalage avec son temps", poursuit-il. "Quand vous comparez les audiences de France Télévisions au moment de la diffusion des Jeux paralympiques - 100 heures de direct, 14 millions de téléspectateurs - par rapport aux Jeux olympiques - 700 heures de direct, 40 millions de téléspectateurs - au prorata, c'est donc plus de téléspectateurs pour nous par rapport au nombre d'heures de diffusion", illustre le tennisman en fauteuil, heureux de ce "succès".

Se donner les moyens avant Paris-2024. Partant de ce constat optimiste, Michaël Jérémiasz appelle les chaînes à se mobiliser en vue des Jeux olympiques et paralympiques de Paris en 2024. "On crée de l'envie. Quand on se donne les moyens de médiatiser ce que font ces champions et ces championnes, il y a une adhésion totale. Aujourd'hui, il faut surfer dessus. On a les Jeux olympiques et paralympiques dans six ans à Paris, il ne faut pas attendre", plaide-t-il.

La France est "en retard". L'athlète observe par ailleurs que ces discriminations ne se cantonnent pas au sport. "Je crois que la représentation du handicap dans les médias aujourd'hui, c'est 0,06% sur 100% de contenus. On est très en retard sur un certain nombre de pays", souligne-t-il amèrement, rappelant qu'aujourd'hui, en France, "il y a 10 à 12 millions de personnes handicapées dans notre société".

Europe 1
Par Anaïs Huet