Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

«La première chose que je fais le matin» : comment le jeu «Mon Petit Prono» a explosé avec la Coupe du monde

Avec plus de 3 millions d'inscrits à l’occasion de cette Coupe du monde 2026, le jeu de pronostics "Mon Petit Prono" ne cesse de pimenter les discussions, qu'elles soient amicales, familiales ou professionnelles. Au point même, parfois, de virer à l'obsession.

À moins de vivre dans une grotte, difficile de passer à côté du phénomène. Depuis plus de 10 ans, le jeu "Mon Petit Prono", dans la lignée du désormais réputé "Mon Petit Gazon", anime les conversations à proximité de la machine à café. 

"Chaque grande compétition marque le retour de notre ligue 'MPP', avec un maillot de l'équipe victorieuse à la clé pour le meilleur pronostiqueur", témoigne Guillaume, ingénieur en cybersécurité et fervent supporter du Paris Saint-Germain.

Une croissance constante

Le principe ? Parier sur l'intégralité des rencontres d'une compétition, en saisissant pour chacune un score exact. "Notre obsession, c'était de créer un jeu ultra-accessible : tu saisis deux chiffres par match, et tu joues", explique Benjamin Fouquet, l'un des co-fondateurs du concept.

"Le vrai piment de MPP, c'est l'irrationnel. Les experts analysent la tactique, alors que 'Martine de la compta' va tenter un score improbable parce qu'elle aime bien la couleur du maillot de l'outsider. Et le pire, c'est que ça marche !", ajoute ce dernier.

En famille, entre amis ou au travail, le jeu a infusé toutes les strates de notre quotidien, tout particulièrement à l'occasion de cette Coupe du monde. Pour preuve, plus de 3 millions de joueurs s'y sont déjà essayés, contre 1,8 million lors de l'édition 2022, et 2,3 millions pendant l'Euro 2024. 

"Je m'y suis mis à cause (ou grâce) aux collègues, à la pression sociale, car je n'avais pas envie d’être la seule à ne pas pouvoir prendre part aux discussions. Evidemment, chaque jour, on fait un petit point MPP au bureau", assure Lili, gérante d'actifs, dont le premier réflexe en se levant est de regarder combien de points elle a pris sur MPP.

Même son de cloche chez Eve, chargée de produits marketing et première de sa ligue. "C'est la première chose que je fais le matin", confie celle qui ne suit pourtant que rarement le foot en temps normal. L'un de ses secrets ? "Se renseigner sur les atouts dont disposent certains pays, notamment en termes de formation". 

"Une question d'honneur"

Si cette dernière vante la "convivialité" engendrée par cette compétition virtuelle, Alice, journaliste sportive, en fait "une question d'honneur, dans le sens où on se dit qu'on ne peux pas être à la traîne puisque c'est notre métier". 

Au point d'assumer, discrètement, avoir poussé pour un but du Sénégal contre la France, après avoir pronostiqué un succès des hommes de Deschamps sur le score de 2 buts à 1. Il faut dire que dans sa ligue, le dernier sait déjà qu'il aura la lourde tâche d'apporter le petit déjeuner à toute la rédaction, le lendemain de la finale...

Si chacun a sa propre technique, tous sont unanimes sur un point : l'application influe fortement sur leur manière de suivre la compétition. "Etant donné que c’est une Coupe du monde, j’aurais quoiqu'il arrive regardé la plupart des matches. Mais l’effet MPP rajoute de l’adrénaline pour ceux 'sans importance'", soutient Guillaume. 

Un engouement qui ne peut que réjouir ses fondateurs. "On s’attendait évidemment à une croissance, en se disant malgré tout qu’on finirait bien par buter sur un 'plafond de verre'. Mais force est de constater qu'une fois de plus, la passion des Français et la dimension sociale du jeu ont fait voler ce plafond en éclats", conclut Benjamin Fouquet, qui assure travailler d'arrache-pied sur de futures innovations.

"Il se peut que des questions bonus un peu plus complexes viennent pimenter le jeu lors des prochaines éditions", livre ainsi l'entrepreneur, qui en attendant, espère remonter dans sa ligue familiale, pour l'instant dominée par sa mère...