Romane Miradoli a remporté la médaille d'argent sur l'épreuve de super-G en ski alpin. La Française rapporte à la délégation tricolore sa huitième médaille depuis le début de ces Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026, et la première en ski alpin féminin depuis 2002.
La Française Romane Miradoli a décroché une très belle médaille d'argent en ski alpin sur l'épreuve du super-G ce jeudi aux Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina. Il s'agit de la première breloque tricolore dans la discipline et la huitième de la délégation française depuis le début de la compétition.
La médaille d'or revient à l'Italienne Federica Brignone pourtant victime d'une double fracture tibia-péroné sur la jambe gauche il y a 10 mois seulement. À 35 ans, elle remporte son premier titre olympique, devant son public.
La course d'une vie
Pour décrocher cette médaille d'argent, Romane Miradoli a réalisé la course de sa vie, offrant ainsi au ski alpin français sa première médaille olympique de ces Jeux. Il s’agit également d’une première pour les Bleues depuis 2002, année où Carole Montillet avait remporté l’or en descente et Laure Péquegnot l’argent en slalom.
Solide outsider, la skieuse de Flaine a su profiter des erreurs des favorites. Mais à 31 ans, elle n’est pas arrivée là par hasard. Forte d’une belle deuxième place à Saint-Moritz cette saison, elle savait qu’elle avait les armes pour rivaliser avec les meilleures dans cette discipline qu’elle affectionne particulièrement.
Pourtant, le début de ses Jeux olympiques ne laissait pas présager un tel dénouement. Seizième de la descente dimanche, elle a su se remobiliser au bon moment. "J’avais envie de rentrer chez moi après le deuxième entraînement de la descente, mais j’ai réussi à me recentrer, en me disant que mon ski ne s’était pas volatilisé, que le super-G était ma discipline, et j’y ai cru", a-t-elle confié.
Un état d’esprit remarquable qui la distingue. "C’est comme ça qu’on peut déplacer des montagnes et aller chercher des médailles", s’est réjoui David Chastan, directeur du ski alpin à la Fédération française de ski, saluant "une course parfaite, pleine d’intelligence".
Cette médaille d’argent débloque ainsi le compteur du ski alpin français, au lendemain de la frustrante quatrième place de Nils Allègre sur le super-G de Bormio, à seulement trois centièmes du bronze.
Federica Brignone réalise l'exploit
Numéro une mondiale et championne du monde du géant, Federica Brignone, surnommée "Fede", n’a cessé de répéter ces derniers jours qu’elle n’était pas totalement remise de sa blessure, assurant qu’elle ne pouvait pas skier à 100% de ses capacités.
Bluff savamment orchestré ou véritable incertitude ? Sur la piste, l’Italienne a surtout démontré toute l’étendue de sa classe. Toujours à l’attaque, elle a dompté une descente rendue délicate par des conditions compliquées, tout en restant d’une précision chirurgicale dans des courbes piégeuses qui ont poussé à la faute nombre de favorites.
"C’est incroyable. J’ai simplement pensé à skier, à donner le maximum. Je ne pensais pas pouvoir gagner ce titre et j’y suis parvenue aujourd’hui. Peut-être justement parce que je ne le voulais pas à tout prix : je me voyais comme une outsider", a-t-elle exulté au micro de la Rai. À domicile, l’Italienne signe ainsi l’une des plus belles pages d’une carrière déjà immense.