Jeux olympiques : inquiétudes autour de la bulle sanitaire "crevée" à Tokyo

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Checkpoint sanitaire Tokyo JO Covid 1:48
Des agents de sécurité devant un point de contrôle pour les Jeux olympiques de Tokyo. © YUKI IWAMURA / AFP
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Les Jeux olympiques de Tokyo n'ont pas encore commencé que la bulle sanitaire, mise en place autour des athlètes et des journalistes, est déjà en train de crever rapporte Bernard Delattre, envoyé spécial pour Europe 1. De nouveaux cas positifs au Covid sont détectés quotidiennement et sèment le trouble au Japon.
DÉCRYPTAGE

C'est une véritable "bulle de savon" qui est en train de "crever" à Tokyo. À quelques jours de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques (23 juillet-8 août), de nouveaux cas positifs au Covid-19 sont sans cesse décelés par les autorités japonaises dans la capitale tokyoïte. Des découvertes qui montrent que la bulle sanitaire stricte mise en place autour de la compétition, où aucun spectateur ne sera autorisé à assister, n'est pas assez efficace. Bernard Delattre, envoyé spécial à Tokyo pour Europe 1, rapporte que le dispositif, censé éviter les contacts entre les 60.000 étrangers venus pour les Jeux et la population locale, "ne marche pas".

Des imbroglios à répétition

"Plusieurs athlètes ont été testés positifs au virus et leurs encadrants ont propagé le variant Delta, car ils n'avaient pas été isolés assez vite en tant que cas contact", explique ainsi le journaliste. Les imbroglios se multiplient, entraînant une panique du côté des Japonais, déjà très peu nombreux à vouloir de ces JO en pleine pandémie. "Un membre d’une délégation étrangère où des cas de Covid avaient été détectés s’est volatilisé dans la nature. Il a quitté son hôtel sans crier gare. On est toujours sans nouvelle de lui", poursuit Bernard Delattre.

En plus des athlètes, des journalistes sont également dans le viseur des autorités. "Des journalistes étrangers à peine débarqués à Tokyo et qui ne portaient pas tous des masques ont été vus en train de côtoyer des usagers japonais à l’aéroport. En ce moment, des milliers d’envoyés spéciaux qui sont censés être confinés pendant trois jours logent dans des hôtels qui n’ont pas de restaurant, et où en plus ils ne peuvent pas se faire tester alors que cela leur est imposé. Ils doivent se rendre en ville au risque d’y contaminer des gens", raconte l'envoyé spécial.

La crainte d'une nouvelle vague épidémique

À cause de ces révélations, les médecins japonais craignent une vague épidémique violente dans un pays en manque de personnels hospitaliers et de lits, et où seulement 15% des habitants de Tokyo sont vaccinés avec deux doses.

Dernièrement, d'autres cas ont été détectés du côté du Village olympique. Un joueur tchèque de beach-volley a été testé positif au virus lundi, deux jours après l'un des membres du staff de l'équipe. Aussi, une gymnaste américaine a été diagnostiquée positive au Covid-19 dans le camp d'entraînement des Américains, et un autre membre de l'équipe a été placé à l'isolement. L'identité de la gymnaste n'a pas été dévoilée par le responsable de la ville d'Inzai, à l'est de Tokyo, mais il a précisé qu'il s'agissait d'une adolescente, écartant la superstar Simone Biles.

De même, l'équipe masculine de football de l'Afrique du Sud, qui doit rencontrer la France en match de poules, fait face à un potentiel cluster : trois personnes ont été testés positives au Covid, et 21 sont cas contact. Les joueurs qui ont côtoyé une personne positive au virus doivent s'entraîner à part, selon les règles établies par le Comité international olympique (CIO). D'après le décompte officiel rendu public par les organisateurs lundi, 58 cas positifs de Covid-19 ont été décelés depuis le 1er juillet, sur près de 20.000 personnes (sportifs, encadrants, journalistes) arrivées dans le pays.

Europe 1
Par Bernard Delattre avec Gauthier Delomez et AFP